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09/07/2016 05:49 EDT | Actualisé 10/07/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Portugal: Fernando Santos, penseur grec

Le coach Fernando Santos a appliqué au Portugal les préceptes de l'école du football grec qu'il a fréquentée: défense hérisson, organisation spartiate, préservation du mythe Ronaldo. Une philosophie qui l'a porté jusqu'à la finale de l'Euro-2016.

. "Être vilain"

Pragmatique. "Si vous me demandez si je préfère avoir un jeu agréable et rentrer à la maison ou être vilain dans le jeu et en demi-finale de l'Euro, je vous dirais: +Être vilain+". Signé Fernando Santos.

Ses équipes n'ont jamais été inspirées par Éros, dieu grec de l'amour. A la tête de la sélection hellène (2010-2014), il est sorti deux fois de rang des poules, à l'Euro-2012 et au Mondial-2014, à chaque fois de justesse, après avoir surmonté une défaite.

Sa Grèce est passée à la différence particulière avec la Russie il y a quatre ans, et grâce à un penalty à la dernière seconde contre la Côte d'Ivoire (2-1) au Brésil.

Il sait être vilain lui-même. Il y a deux ans, il avait été exclu avant les tirs au but perdus contre le Costa Rica en 8e de finale, pour avoir pesté contre le choix de la cage pour la séance (1-1, 5-3 t.a.b.). Il avait été suspendu huit matches, sanction réduite à quatre, dont deux avec sursis.

. "Nous reviendrons"

Oracle. "Nous reviendrons ici dans deux ans pour la finale", avait-il annoncé à ses joueurs pour son premier match à la tête du Portugal, justement au Stade de France, pour une défaite (2-1) contre les Bleus, le 11 octobre 2014.

Le sage avait raison, revoilà le Portugal en finale, 12 ans après la désillusion de Lisbonne et cette finale perdue contre... la Grèce (1-0).

Arrivé sur les décombres d'un Mondial raté (élimination du Portugal au premier tour), Fernando Santos et ses joueurs ont "travaillé d'arrache-pied", a-t-il raconté après la qualification pour la finale.

Sa méthode? "Le Portugal a toujours une idée de jeu précise. Nous devons avoir les idées très claires sur notre manière de jouer".

. "Pas pour le Ballon d'Or"

Ne pas se perdre dans la quête de la Toison d'Or. "Je ne pense pas qu'on jouera pour le Ballon d'Or mais pour arriver en finale", avait prévenu Santos avant la demie pays de Galles-Portugal qui sonnait comme un match Cristiano Ronaldo contre Gareth Bale. La maxime s'applique aussi à la grande finale, qui ne doit pas être travestie en duel CR7 contre Antoine Griezmann.

Santos a toujours protégé son leader, et su ménager son ego, lançant qu'il est "fantastique" ou "un exemple".

"Vous ne pouvez pas comparer le Cristiano Ronaldo du Real Madrid et le Cristiano Ronaldo en sélection", insiste-t-il.

L'ex-international français Alain Giresse complète pour l'AFP le propos de Santos: "En résumé, c'est tous derrière et lui devant, vraiment devant. Au Real, Cristiano participe, il bouge un peu partout sur le front de l'attaque, là il attend vraiment le ballon devant".

. "Amis grecs"

L'école d'Athènes. "De nombreux amis grecs m'ont apporté leur soutien", a raconté Santos, qui a entraîné onze ans en Grèce en tout.

S'il a dirigé les trois grands clubs portugais (Benfica, Sporting, FC Porto), il a aussi coaché l'AEK Athènes (deux fois), le Panathinaïkos et le PAOK Salonique, avant de prendre en mains la sélection de 2010 à 2014.

En Grèce, on se moque bien que le style soit ennuyeux, en souvenir du grand moment de gloire nationale, l'Euro-2004 remporté par la forteresse bâtie par Otto Rehhagel, la figure tutélaire.

Pour Giresse, les deux équipes ne sont quand même pas comparables, "la Grèce avait onze défenseurs", estime-t-il, le Portugal a au moins Apollon Ronaldo devant.

. "Savourer"

Épicurien. "Garder les pieds sur terre, se calmer, savourer et se re-concentrer", a-t-il lancé après le quart de finale gagné aux tirs au but (1-1, 5-3 t.a.b.) contre la Pologne.

A 61 ans, il sait qu'il faut profiter des bons moments, il n'en a pas vécu énormément dans sa carrière. Son palmarès reste bien maigre, un titre de champion du Portugal avec Porto (1999), deux Coupes du Portugal (2000, 2001), une Coupe de Grèce (2002).

Il a décrit la victoire en demies contre le pays de Galles (2-0) comme "le plus grand moment de (sa) carrière". Gagner la finale dimanche lui ouvrirait les portes de l'Olympe.

Car Fernando Santos n'a pas oublié sa dernière maxime: "Vous savez qu'une finale ne se joue pas, ça se gagne".

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