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09/07/2016 07:15 EDT | Actualisé 10/07/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - France - Deschamps, père la victoire

Didier Deschamps incarne le culte de la victoire. Sur le terrain, il a soulevé la seule Ligue des champions d'un club français, Marseille en 1993, puis a été champion du monde 1998 et d'Europe 2000 avec les Bleus. Et dimanche, il va s'asseoir comme sélectionneur de l'équipe de France en finale de l'Euro-2016.

Dans son costume bleu-chemise blanche, le patron de l'équipe de France espère ne pas décoller cette étiquette de gagneur invétéré. Et les Bleus comptent sur la science de leur porte-bonheur pour monter sur le toit de l'Europe et s'offrir un 3e sacre continental.

Le Bayonnais de 47 ans semble même physiquement prêt pour la finale. Oublié l'embonpoint de l'entraîneur à l'OM (2009-12), le sélectionneur est affûté comme le milieu de terrain qu'il était. Il pourrait même devenir le premier à avoir joué et remporté un Euro avant de le gagner à nouveau comme sélectionneur. L'Allemand Berti Vogts, sélectionneur vainqueur de l'Euro-1996, était dans le groupe de la RFA, championne d'Europe en 1972, mais n'avait pas joué une seule minute.

"DD" était lui de tous les combats au milieu du terrain. C'était lui le capitaine, guide de la génération Zinédine Zidane, lui transmettant sa science et son amour de la gagne hérités de ses années passées en Italie (1994-1999 à la Juventus Turin).

Certains se plaisent à parler à son sujet de chance qui le poursuivrait tout au long de son parcours. Mais peut-on parler de hasard à propos d'un homme qui a eu l'âme d'un chef dès ses débuts au FC Nantes et était prédestiné à occuper un jour le fauteuil de patron des Bleus?

"Il a connu ces situations en tant que capitaine avec moi et je peux vous dire qu'il maîtrise parfaitement de l'intérieur. C'est un garçon qui était déjà entraîneur avant de l'être. Didier, il connaît tout", a confié son mentor Aimé Jacquet, sélectionneur en 1998, au site internet de la Fifa.

- "Capable de les motiver" -

"Si on n'a pas un garçon qui comprend les joueurs, qui est capable de les motiver, on ne peut pas obtenir ces résultats là", a estimé de son côté auprès de l'AFP le grand ancien Marius Trésor.

"On peut avoir la chance qu'on veut, si on est bidon, il n'y a rien qui se passe", a embrayé Bruno Bellone, autre ex-gloire bleue. Deschamps rit facilement aux blagues sur lui dans les rares shows télé auxquels il participe. Mais il ne plaisante pas en match: Dimitri Payet a pris une belle soufflante pour un mauvais repli défensif contre l'Allemagne en demi-finale.

Après avoir tout raflé sur les pelouses, le passage de Deschamps aujourd'hui, sur le banc de touche n'a rien changé et force le respect. Le Basque est le dernier technicien à avoir guidé un club français en finale de la Ligue des champions (Monaco en 2004) et il a glané six trophées avec Marseille, une parenthèse enchantée dans l'histoire tourmentée de ce club sur les 23 dernières années.

Son arrivée à la tête de l'équipe de France en 2012 en remplacement de Laurent Blanc sonnait comme une évidence mais son mandat n'a pas toujours été de tout repos. Nommé pour remettre de l'ordre dans la maison bleue après le séisme de Knysna au Mondial-2010 et ses répliques à l'Euro-2012, "DD" n'a pas évolué sur un tapis de roses, entre une qualification pour le Mondial-2014 arrachée au terme d'un barrage homérique face à l'Ukraine (2-0, 3-0), une place de quart-de-finaliste au Brésil et une litanie d'affaires extra-sportives.

- "Lui il veut et il sait" -

Obligé de se passer à contre-coeur de Karim Benzema, mis en examen dans l'affaire du chantage à la sex-tape, et de Mamadou Sakho, suspendu provisoirement pour dopage présumé avant d'être blanchi ce vendredi, secoué en préparation par une cascade de forfaits (Varane, Diarra, Mathieu), accusé de racisme, Deschamps a courbé l'échine mais n'a jamais rompu.

Pour donner le change dans les moments difficiles "DD" chambre souvent la presse. "Didier est tellement bon naturellement devant les médias... Celui qui croit pouvoir le déstabiliser je ne le connais pas et je ne le connaîtrai jamais", expliquait à l'AFP son chef de presse Philippe Tournon avant le tournoi. "J'en ai connus qui voulaient tout maîtriser, mais n'avaient pas les moyens de le faire, ajoutait-il. Lui il veut et il sait comment faire. Il est hors catégorie par rapport à ses prédécesseurs".

Le onze qui tentera de remporter le 3e Euro de l'histoire des Bleus (après 1984 et 2000) sera très éloigné de celui qu'il avait en tête au printemps, avant d'être délesté de près de la moitié de ses titulaires. Mais toutes ces avanies ne l'ont pas empêché de venir à bout des quadruples champions du monde allemands en demi-finale (2-0).

Sous contrat jusqu'au Mondial-2018 en Russie, il lui reste une dernière marche à gravir dimanche pour écrire une nouvelle page de sa légende.

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