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09/07/2016 09:06 EDT | Actualisé 10/07/2017 01:12 EDT

Espagne: le Parti socialiste reste opposé à un vote de confiance à Rajoy

Le Parti socialiste espagnol, deuxième force politique du pays, a annoncé samedi qu'il restait opposé à toute démarche facilitant un gouvernement dirigé par le conservateur sortant Mariano Rajoy, à la recherche d'alliés.

Le chef du gouvernement sortant Mariano Rajoy, au pouvoir depuis 2011, "ne pourra pas compter sur nos voix pour obtenir l'investiture" a déclaré le secrétaire général du parti, Pedro Sanchez, à l'issue d'une réunion de son comité fédéral, l'instance dirigeante du parti.

Le PSOE dit "non à une grande coalition (avec les conservateurs), non au soutien au Parlement d'un gouvernement du Parti populaire et non à l'investiture de Mariano Rajoy", a encore martelé Pedro Sanchez.

Le PS "votera contre", lors d'un vote de confiance du Parlement, a-t-il annoncé.

L'Espagne est paralysée politiquement depuis la fin décembre. Les élections législatives du 20 décembre avaient en effet débouché sur un Parlement fragmenté entre quatre grandes forces, qui n'a pas été en mesure d'investir un nouveau gouvernement.

Le pays est donc dirigé depuis par le gouvernement conservateur sortant, qui ne peut engager aucune réforme ou nouvelle dépense.

D'où la convocation par le roi Felipe VI de nouvelles élections, le 26 juin, qui ont permis au Parti populaire (conservateur) de se renforcer, avec 14 sièges en plus, atteignant 33% des suffrages et 137 sièges sur 350 au Parlement.

Il est suivi du PSOE (85 sièges) et de Unidos Podemos (gauche radicale, 71 sièges).

Mais il a encore besoin d'alliés pour atteindre la majorité absolue de 176 sièges nécessaire à un vote de confiance.

Ses alliés possibles sont les libéraux de Ciudadanos (32 sièges), les partis nationalistes basque (cinq sièges) et des Canaries (un siège), avec lesquels il obtiendrait 175 voix et frôlerait la majorité absolue.

Il lui suffirait alors qu'un autre député s'abstienne pour être investi. Selon plusieurs journaux, ce pourrait être l'élu de Nueva Canarias, un parti régionaliste canarien, élu sur une liste socialiste. Mais pour l'instant, l'élu a écarté cette possibilité.

Les nationalistes basques ont eux aussi pour l'heure rejeté les propositions de M. Rajoy.

Une autre solution serait l'abstention de tout ou partie des députés du PSOE lors d'un vote de confiance. Souhaitée par certains de ses membres, y compris l'ex-chef du gouvernement socialiste Felipe Gonzalez, elle permettrait à M. Rajoy de gouverner et lèverait le blocage.

Mais cette option, qui divise les socialistes, semble écartée pour l'instant.

Mariano Rajoy devrait tout de même tenter d'obtenir l'investiture du Parlement rapidement, selon des sources gouvernementales citées par El Pais vendredi.

Une telle séance serait organisée fin juillet, et permettrait de faire courir un délai de deux mois au-delà duquel de nouvelles élections devraient être organisées, forçant ainsi les partis à trouver rapidement un terrain d'entente pour éviter un troisième scrutin en moins d'un an.

La crainte d'un troisième scrutin pour cause de blocage a semblé avivée samedi, après l'annonce de la position du Parti socialiste.

"Cela serait insensé", a réagi Mariano Rajoy à Varsovie, où il participe à un sommet de l'OTAN. "Je crois que nous devons tous agir avec la plus grande responsabilité car nous pensons tous qu'une répétition des élections serait mauvaise", a-t-il déclaré.

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