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06/07/2016 02:05 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Une ONG appelle la Chine à libérer une Américaine accusée d'espionnage

Une ONG de défense des droits de l'homme a réclamé mercredi la libération d'une citoyenne américaine emprisonnée en Chine depuis l'an dernier sous l'accusation d'espionnage, après qu'un organisme de l'ONU eut jugé sa détention "arbitraire".

Sandy Phan-Gillis, une femme d'affaires, a été interpellée en mars 2015 alors qu'elle franchissait la frontière vers Macao, au terme d'une visite en Chine continentale d'une délégation commerciale venue de Houston, la capitale du Texas (Etats-Unis).

Mme Phan-Gillis est accusée d'"espionnage" et de "vol de secrets d'Etat", et soupçonnée d'avoir "aidé une tierce partie à dérober des renseignements", a déclaré un groupe du Conseil des droits de l'homme de l'ONU dans un rapport, citant des sources gouvernementales et anonymes.

Le Groupe de travail sur la détention arbitraire (GTDA) de l'ONU a estimé dimanche que "les normes internationales relatives au droit à un procès équitable, à la liberté et à la sécurité" n'ont pas été respectées dans l'affaire.

Les violations des autorités chinoises sont "si graves qu'elles confèrent à la privation de liberté de Mme Phan-Gillis un caractère arbitraire", a indiqué le groupe dans un rapport publié en ligne.

La ressortissante américaine a tout d'abord été emprisonnée pendant six mois dans un endroit tenu secret, puis dans un centre de détention de la région du Guangxi (sud), où elle a été placée initialement à l'isolement, selon la même source.

C'est la première fois en 25 ans d'existence que le GTDA estime "que des agents (chinois) détiennent arbitrairement un citoyen américain en violation des lois internationales sur les droits de l'homme", a indiqué mercredi Dui Hua (Dialogue, en français), une ONG basée aux Etats-Unis.

Sandy Phan-Gillis a été autorisée à voir un avocat pour la première fois 14 mois après son placement en détention, a ajouté dans un communiqué Dui Hua.

L'affaire a "gravement détérioré les relations entre les Etats-Unis et la Chine", a estimé son directeur exécutif John Kamm, appelant à la "libération immédiate" de la femme d'affaires.

Lors d'un point-presse régulier mercredi, Hong Lei, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères, a déclaré que Mme Phan-Gillis était détenue car elle était "soupçonnée d'avoir compromis la sécurité nationale".

Les autorités traitent l'affaire "conformément à la loi", a-t-il ajouté.

"Nous espérons que l'institution de l'ONU concernée puisse respecter la souveraineté judiciaire de la Chine et cesser de s'ingérer dans les procédures légales des autorités compétentes en Chine", a indiqué Hong Lei.

Ses commentaires interviennent alors que le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon entame mardi une visite de cinq jours en Chine.

Si Mme Phan-Gillis est actuellement l'unique citoyenne américaine détenue en Chine pour espionnage, plusieurs étrangers ont été condamnés dans des affaires similaires.

Xue Feng, un géologue américain né en Chine, condamné pour vol de secrets d'Etat, avait été relâché l'an dernier et expulsé après avoir purgé sept ans de prison.

En 2010, l'Australien Stern Hu, un cadre du géant minier Rio Tinto, avait été condamné à 10 ans de prison pour corruption et espionnage industriel.

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