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06/07/2016 07:35 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Un Aïd el-Fitr sous tension pour des millions de musulmans

La fête marquant la fin du mois sacré du ramadan, l'Aïd el-Fitr, a commencé mercredi sous les réjouissances pour des millions de musulmans dans le monde, mais aussi sous tension pour ceux touchés par la guerre et par des violences ou menaces terroristes.

Les célébrations de l'Aïd incluent généralement une prière matinale, des visites familiales et de grands repas et des cadeaux. Leur commencement varie d'un pays à l'autre, selon l'observation du ciel et l'apparition du croissant de la nouvelle lune.

En Arabie saoudite, où se trouvent les deux principaux lieux saints de l'islam, l'imam de la mosquée du prophète à Médine, frappée par un attentat-suicide sans précédent lundi soir, a dénoncé mercredi matin ce « crime odieux » perpétré par « une entité que ne respecte plus les rites divins et la sainteté de la mosquée du prophète ».

Le mois de ramadan a été ensanglanté par plusieurs attentats en Arabie saoudite, en Irak, au Bangladesh, aux États-Unis et ailleurs. Des attentats soit revendiqués par le groupe armé État islamique (EI), soit perpétrés par des assaillants qui se réclamaient du groupe. L'EI avait lancé un appel à multiplier les attaques durant le mois sacré.

Pour le président algérien Abdelaziz Bouteflika, cela « souligne davantage combien de tels actes terroristes barbares [...] sont étrangers à l'islam ».

Trêve annoncée en Syrie, paix demandée en Afghanistan

En Syrie, la télévision publique rapporte que l'armée a annoncé un cessez-le-feu unilatéral de trois jours pour tout le pays, une première. On ignore pour l'instant si les groupes rebelles et les combattants du groupe État islamique y adhéreront.

Le président Bashar Al-Assad, dont les sorties publiques sont rares, a assisté à une prière dans une mosquée de Homs, un déplacement inédit retransmis à la télévision d'État.

En Afghanistan, le président Ashraf Ghani a appelé à la paix dans son pays dévasté par la guerre, durant une cérémonie officielle dans le palais présidentiel, à Kaboul.

Risques pour des hôtels de Lagos

Au Nigéria, où mardi et mercredi sont fériés pour l'Aïd, l'ambassade américaine a mis en garde la population contre un risque « d'attaques [terroristes] contre des hôtels de Lagos fréquentés par des visiteurs internationaux [...] durant les vacances de l'Aïd el-Fitr ».

À Mogadiscio, la capitale somalienne, des centaines de personnes se sont rassemblées dans un stade pour prier, tandis qu'à Addis-Abeba, la capitale éthiopienne, des hommes chantaient après avoir assisté à des prières.

Marchés moins fréquentés au Bangladesh

Au Bangladesh, l'Aïd est aussi célébré jeudi, mais le magasinage de la veille semblait ralenti par la peur d'un autre attentat terroriste comme celui de la semaine dernière, qui a fait 20 morts dans un restaurant de Dacca.

« Il y a moins de clients dans le marché, et nous craignons d'autres attaques du genre dans les marchés, alors les clients ne viennent pas », a témoigné un commerçant, Akhtar Hossain.

Ailleurs dans le monde

En Indonésie, le pays musulman le plus populeux, des milliers de fidèles étaient à la grande mosquée de Dian al-Mahri, dans la province de Java Ouest.

À Karachi, la plus grande ville pakistanaise, les célébrations se déroulaient sous haute sécurité, avec la présence de policiers et de soldats déployés près des lieux de prières spéciaux.

Dans le Cachemire et le Kerala, les musulmans indiens se lançaient dans des festivités à la veille de célébrations nationales prévues jeudi.

En Europe, des musulmans se sont recueillis dans une des mosquées de fortune installées dans des garages et des entrepôts abandonnés, à Athènes. La capitale grecque n'a pas de mosquée formelle, mais a promis, le mois dernier, d'en construire une pour ses 200 000 musulmans.