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06/07/2016 02:36 EDT | Actualisé 06/07/2016 02:36 EDT

Travaux d'urgence pour stabiliser le Kathryn Spirit

De nouveaux travaux sont en cours pour tenter de stabiliser le Kathryn Spirit, ce cargo abandonné qui menace de se renverser dans le lac Saint-Louis, près de Beauharnois. Le gouvernement fédéral a confié ces travaux au Groupe Océan, qui les ont débutés mardi, notamment en installant sous l'eau des caméras de surveillance.

La Garde côtière canadienne surveille nuit et jour l'épave de 150 mètres qui gît depuis quatre ans sur les berges du Saint-Laurent.

L'inclinaison de plus en plus prononcée du Kathryn Spirit inquiète les autorités. La perspective que le navire échappe du mazout, du diesel et de l'eau souillée dans le lac Saint-Louis aurait d'autant plus de conséquences que ce lac se déverse dans le fleuve Saint-Laurent.

David Heurtel se dit en « mode accompagnement »

Le ministre de l'Environnement du Québec n'entend imposer « aucun délai déraisonnable » pour que le navire soit enfin démantelé. « Il n'y a pas d'étude ou de délai additionnels qui ont été prévus par le ministère de l'Environnement », a affirmé David Heurtel mercredi, lors d'un impromptu de presse à Québec.

Cette affirmation du ministre Heurtel contredit les propos du maire de Beauharnois, qui affirmait en effet que Québec entendait imposer une étude d'impact s'échelonnant sur une période trois à six mois. Mais David Heurtel soutient qu' « aucun délai déraisonnable additionnel ne sera ajouté ».

M. Heurtel assure être « en mode accompagnement » auprès du gouvernement fédéral qui va orchestrer le démantèlement du navire.

Une question urgente

Le maire de Beauharnois s'impatiente devant ce qui semble être une impasse administrative.

« Si on parle de trois à six mois d'analyse, on va arriver à commencer les travaux quand le lac sera gelé et on ne pourra pas intervenir », dit Claude Haineault.

«Que le provincial arrête de mettre des bâtons dans les roues et qu'il fasse en sorte qu'on se débarrasse du Kathryn Spirit.»

- Claude Haineault, maire de Beauharnois

Le maire de Beauharnois estime qu'il n'y a plus lieu d'attendre pour démanteler le navire, d'autant plus qu'il est maintenant clair que le gouvernement fédéral épongera la note de 10 à 15 millions de dollars.

« Je pense que là, c'est assez, affirme Claude Haineault. Ce qu'on attend depuis fort longtemps, c'est qui va prendre la responsabilité et qui va payer. Et là, on le sait, c'est le fédéral qui s'est mouillé. »

Une intervention complexe

Depuis le mois de février, un groupe de travail présidé par la Garde côtière canadienne étudie de quelle manière il vaut mieux procéder dans ce dossier. Ce groupe de travail vient tout juste de remettre son rapport final.

« Il ne faut pas oublier que cette intervention est complexe et doit être soigneusement planifiée pour assurer une exécution sécuritaire », rappelle Patricia Bell, du bureau du ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne, dans une réponse faite par écrit à Radio-Canada/CBC. « La recommandation doit aussi tenir compte des lois et règlements auxquels nous sommes assujettis », poursuit Mme Bell.

«Dans son rapport final, le groupe de travail recommande le démantèlement contrôlé sur place en cale sèche par remblai pour garantir la sécurité des travailleurs, la sécurité de la navigation et pour éviter les chutes de matériel provenant du navire dans le fleuve.»

- Bureau du ministre des Pêches, des Océans et de la Garde côtière canadienne

La semaine dernière, le ministre fédéral des Transports avait déclaré vouloir « agir le plus rapidement possible » dans ce dossier. Marc Garneau avait aussi expliqué que le cas du Kathryn Spirit n'était malheureusement pas unique au pays. Par conséquent, Ottawa envisage d'adopter des mesures législatives pour remédier au problème de centaines d'épaves et de bateaux abandonnés sur la côte est.

Avec les informations de Pascal Robidas et de François Cormier

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