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06/07/2016 09:07 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Saint-Laurent veut mettre un terme aux horreurs architecturales au Québec

L'arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, devient la première instance municipale au Québc à demander officiellement au gouvernement une politique nationale de l'architecture, ce qui serait une première en Amérique. Il veut ainsi en finir avec les laideurs architecturales dans la province.

Un texte de Marie-Ève Maheu

Saint-Laurent a reçu plusieurs prix d'architecture et de design pour sa Bibliothèque du Boisé, construite en 2013 et certifiée LEED platine. Il veut maintenant servir d'exemple. Le conseil municipal a récemment adopter une résolution pour interpeler Québec.

« Si nous voulons avoir des bâtiments qui sont faits avec la beauté, la fonctionnalité, mais aussi avec la performance environnementale, il reste encore beaucoup de barrières pour les villes et les instances municipales », dit le maire de Saint-Laurent, Alan De Sousa.

Il donne en exemple le manque de lattitude pour ouvrir les projets de construction à des concours d'architecture, ce qui a été possible pour la Bibliothèque du Boisé réalisé par les architectes du Groupe IBI-CHBA et Labonté Marcil.

L'Ordre des architectes du Québec réclame depuis longtemps une politique nationale de l'architecture. « Les processus d'appel d'offres au Québec ne favorisent pas nécessairement la qualité. On choisit les professionnels ou les entrepreneurs selon le plus bas prix. Je ne dis qu'il faut payer plus cher, mais il faut qu'on fasse des projets de qualité. C'est tout le monde qui en bénéficie », soutient sa présidente Nathalie Dion.

Fin juin, l'Ordre a déposé un mémoire pour réitérer sa demande dans le cadre des consultations publiques du ministère de la Culture sur le renouvellement de la politique culturelle, qui ont lieu tout l'été. C'est ce qui a inspiré le conseil municipal de Saint-Laurent, avec l'objectif que d'autres villes lui emboîtent le pas. 

Manque de vision

« On se pâme sur les exemples qui se font en Scandinavie ou dans d'autres pays en Europe. Pourquoi on n'est pas capable de faire aussi bien ici? », se désole Nathalie Dion, de l'Ordre des architectes du Québec.

Un exemple? La reconstruction de l'école Saint-Gérard dans Villeray, à Montréal, qui se voulait un projet du 21e siècle, mais qui a été ramené à sa plus simple expression pour des questions budgétaires. Le système de géothermie a finalement été sauvé, mais l'atrium central et le toit vert sont passés à la trappe.

« On aurait peut-être pu se permettre l'atrium en se disant que c'est un investissement pour les jeunes pour le futur. Il n'y a peut-être pas d'étude qui dit textuellement que quand tu as une belle école, tu vas mieux réussir, mais en général le cadre bâti influence la qualité de vie des gens dans au bureau ou dans un hôpital. Dans une école, c'est sûr que c'est important. »

Une politique nationale de l'architecture permettrait de se donner une vision de l'architecture, dit Nathalie Dion, en termes d'esthétisme, de fonctionnalité et de durabilité environnementale en autres.

Et pas besoin d'être un pays pour en avoir une, souligne-t-elle. Elle donne les exemples de l'Écosse de la capitale du Danemark, Copenhague.