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06/07/2016 01:00 EDT | Actualisé 06/07/2017 01:12 EDT

Réunion de l'OTAN sur fond de tension avec Moscou

Des pays d'Europe de l'Est souhaitent une présence accrue de l'OTAN contre le géant russe, qu'ils considèrent comme une menace depuis l'annexion de la Crimée et son appui apporté aux rebelles dans l'est de l'Ukraine. Selon Moscou, c'est plutôt l'OTAN qui est une menace pour la paix sur le continent.

  Un texte de Raymond Saint-Pierre

L'Organisation du Traité de l'Atlantique Nord (OTAN) a fait beaucoup de bruit dans le voisinage de la Russie ces derniers mois. Après des manœuvres militaires en Géorgie et dans les pays baltes, on a réuni, en juin dernier, à Drawsko Pomorskie, en Pologne, des militaires de 24 pays membres de l'OTAN - 31 000 soldats - pour un exercice d'une ampleur sans précédent qui a duré une dizaine de jours : l'exercice Anakonda. Quelque 230 militaires canadiens du 1er Bataillon du Royal 22e Régiment y ont participé.

L'OTAN veut amener toutes ces armées à coordonner leurs techniques de combat. Le Canada va d'ailleurs prendre la tête d'un groupe tactique de 1000 militaires qui seront bientôt déployés en Europe de l'Est.

Pour le ministre de la Défense polonais, Antoni Macierewicz, « l'OTAN a démontré sa capacité à défendre la région face à une menace grandissante venue de l'est » - il se garde bien de parler explicitement de la Russie, mais on comprend bien que c'est d'elle qu'il parle.

Moscou, toutefois, ne voit pas les choses du même oeil. Selon Sergey Markov, de l'Institut de sciences politiques, la Russie de Vladimir Poutine considère ces manoeuvres militaires comme une menace directe dans son voisinage.

« Nous avons peur de vous, dit-il. C'est pourquoi nous avons à nous défendre face à votre agression. Nous voyons la machine de l'OTAN s'approcher de plus en plus de Moscou et, évidemment, c'est loin de nous plaire. »

Dans la ville de Drawsko Pomorskie, près de la base où se sont déroulées les récentes manœuvres militaires de l'OTAN, le maire, Zbignew Ptak, salue la présence de soldats occidentaux.

« La présence des troupes de l'OTAN [des troupes canadiennes] nous rassure à la suite des événements en Ukraine, face à la menace russe [...] Ça nous redonne confiance », nous dit-il.

L'an dernier, la population de Drawsko Pomorskie a accueilli à bras ouverts un convoi de blindés américains. Des soldats de l'OTAN sont invités à toutes les commémorations. Ils sont de toutes les fêtes et participent à plusieurs activités organisées par la municipalité.

En ville, rares sont les citoyens qui remettent en question cette présence de l'OTAN. « Les Russes peuvent nous envahir s'ils le veulent, alors autant avoir les troupes de l'OTAN avec nous », analyse un résident, Bogdan.

« Si l'armée polonaise était seule, on ne serait pas en sécurité face à la menace russe. Mais avec l'OTAN, les Russes vont avoir peur d'attaquer », croit pour sa part Elisabeth.

Même son de cloche du côté des autorités polonaises et de l'armée de ce pays. Ici, comme dans les pays baltes, on demande une présence plus importante des troupes de l'OTAN, que l'on estime fortement dissuasive.

Tous ces gens attendent beaucoup du sommet de l'OTAN qui commence vendredi à Varsovie, la capitale.