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06/07/2016 16:33 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Où en est la sécurité ferroviaire depuis Lac-Mégantic?

Le drame de Lac-Mégantic a donné lieu à de nombreuses recommandations visant à renforcer la sécurité ferroviaire. Mais, selon certains experts, peu de mesures ont vu le jour, malgré le traumatisme de 2013. Six mots pour comprendre l'état actuel des choses.

Réglementation

« On a modifié la réglementation ferroviaire dans le sens où on ralentit le mouvement des trains dans certaines zones », note Allen Hamel, consultant en sécurité et gestion d'urgence.

Pour l'expert ferroviaire Jacques Daniel Vandersleyen, « il y a encore de gros efforts à faire ».

Citerne

Les wagons transportant des matières dangereuses, les DOT-111, doivent être remplacés par des citernes munies d'un revêtement plus épais. Le remplacement, son coût, la qualité des citernes : plusieurs questions persistent en la matière, selon les experts.

« Elles doivent quand même résister, d'après la nouvelle norme, à un feu soutenu et à des impacts majeurs », explique M. Vandersleyen, aussi chargé de cours à l'Université du Québec à Rimouski en gestion de projet. « Résisteront-elles? On n'en sait rien, puisqu'aucun essai destructif n'est prévu. Sont-elles en production? Si oui, quelle est la part du Canada? On n'en sait rien. »

Toutefois, les experts s'entendent sur le fait que de meilleurs wagons-citernes n'auraient rien changé dans le cas de Lac-Mégantic.

Dérive

En 2015, le Bureau de la sécurité des transports du Canada (BST) a dénombré 42 incidents de trains à la dérive, selon le Globe and Mail. Cela dépasse la moyenne annuelle de 36 incidents des cinq dernières années.

« On aurait pu croire qu'on a avancé en modifiant la loi 112 qui concerne l'immobilisation des rames. Malheureusement, il faut constater que ça n'a pas servi à grand-chose », ironise Jacques Daniel Vandersleyen.

Inspecteurs

L'embauche d'inspecteurs, une autre recommandation, se fait toujours attendre.

« Il y a grosso modo 150, peut-être même 200 inspecteurs en tout et pour tout à Transports Canada pour à peu près 40 000 km de voies principales, sans compter les voies secondaires. C'est nettement insuffisant », estime M. Vandersleyen.

Trafic

Le train demeure le moyen de transport de prédilection pour le pétrole.

« Il y a une augmentation du transport, de la production des produits pétroliers autant aux États-Unis, à partir du pétrole de schiste, et aussi dans les provinces de l'Ouest. »

De 2009 à 2013, les chargements de pétrole brut sont passés de 10 800 à 400 000 wagons-citernes, par année.

Financement

En mars dernier, Ottawa a alloué 143 millions de dollars sur trois ans afin d'améliorer la sécurité du réseau ferroviaire, dont la surveillance du transport des matières dangereuses.

« Ce sont des peanuts », lance Jacques Daniel Vandersleyen. « Ce sont de petits pas prudents et insignifiants dans l'océan de problèmes, dans le sac de noeuds de problème qu'est la sécurité ferroviaire. »

Selon certains, une vaste consultation et la participation des entreprises, des citoyens et des villes s'impose pour trouver des solutions durables à la sécurité ferroviaire.

Avec les informations de Maxime Bertrand