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06/07/2016 12:08 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Ottawa veut resserrer les règles sur l'usage des antibiotiques dans l'élevage

EDMONTON — Le gouvernement fédéral propose de resserrer les règles qui encadrent l'usage des antibiotiques chez les animaux d'élevage, afin de lutter contre la résistance croissante des bactéries aux médicaments.

Santé Canada estime que l'utilisation croissante des antimicrobiens sur les animaux d'élevage contribue à la résistance des bactéries responsables de maladies infectieuses chez l'humain. Or, le ministère soutient aussi que les règles actuelles ne permettent pas de réduire ce risque.

Les modifications proposées restreindraient notamment l'importation de certains médicaments vétérinaires et exigeraient des fabricants de médicaments qu'ils suivent des règles plus strictes.

La proposition, publiée dans la Gazette du Canada le 2 juillet, requerrait aussi la transmission aux organismes de réglementation d'information à propos des ventes d'antimicrobiens afin de permettre un meilleur suivi de leur utilisation.

Santé Canada indique que les changements proposés seront en phase avec les règles en vigueur aux États-Unis et dans l'Union européenne. Le ministère amorce trois mois de consultations, jusqu'au 14 septembre, sur les modifications suggérées.

Selon le gouvernement fédéral, plus de 75 pour cent des antimicrobiens vendus au Canada sont donnés aux animaux pour les protéger contre les maladies et infections, mais aussi pour accélérer leur croissance.

D'après la Dre Joyce Van Donkersgoed, une vétérinaire qui conseille l'Association nationale des engraisseurs de bovins, il était grand temps que l'on procède à une révision des règles actuelles. «L'industrie souhaite en fait que certaines de ces règles la protège des pommes pourries», a-t-elle soutenu.

Le Conseil des viandes du Canada, qui regroupe les abattoirs certifiés par le fédéral, indique de son côté que ses membres examinent attentivement les changements proposés par Ottawa. Son porte-parole, Ron Davidson, se réjouit par ailleurs que le gouvernement veuille se pencher sur l'usage de médicaments qui ne sont pas approuvés par Santé Canada et qui peuvent laisser des traces dans les aliments destinés à la consommation humaine.

Les associations nationales représentant les producteurs de porc, de boeuf ou de dindon étudient aussi les propositions du fédéral.

«Le Conseil canadien du porc croit que les antibiotiques constituent un outil important pour assurer le bien-être des animaux et la saine gestion des troupeaux, prévient cependant le porte-parole Gary Story. Notre objectif, c'est de produire des aliments salubres tout en réduisant le recours aux antibiotiques.»