NOUVELLES
06/07/2016 06:13 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Les marchés de nouveau fièvreux face aux premières concrétisations du Brexit

Les premières répercussions concrètes du Brexit sur l'économie rendaient de nouveau fiévreuses les places boursières et la livre britannique mercredi, et propulsaient à l'inverse vers des sommets l'or, valeur refuge par excellence.

"Le Brexit suscite une nouvelle poussée de fièvre" avec une "nouvelle baisse significative des marchés actions européens" tandis que "l'or bat de nouveaux records" et que les taux d'emprunts des États "s'enfoncent toujours plus bas", a résumé le courtier Aurel BGC.

Wall Street n'a pas échappé à la sinistrose en ouvrant en baisse comme les marchés européens et asiatiques avant elle, le Dow Jones reculant de 0,24% et le Nasdaq de 0,51%.

Vers 15H30 (13H30 GMT), la Bourse de Paris perdait 1,90%, Francfort 1,73% et Londres 1,59%.

En Asie, Tokyo a fini en baisse de 1,85% après avoir perdu près de 3% peu après l'ouverture.

La livre s'installait pour sa part sous 1,30 dollar pour la première fois en 31 ans.

"L'aversion au risque reprend le dessus avec les craintes d'une diffusion du risque immobilier britannique à l'ensemble du secteur financier européen et les inquiétudes sur les banques italiennes", notent les stratégistes de Crédit-Mutuel CIC.

Car les premiers effets économiques concrets du spectaculaire vote des Britanniques pour quitter l'Union européenne commencent à se faire sentir.

Lundi et mardi, trois fonds immobiliers britanniques ont brutalement suspendu leur activité face à l'afflux des demandes de retraits d'investisseurs inquiets.

"Les investisseurs guettent désormais le prochain fonds qui pourrait fermer", souligne Andrew Edwards, d'ETX Capital.

La croissance du secteur des services, prépondérant au Royaume-Uni, a de plus fortement ralenti en juin, selon des données compilées avant et après le vote historique du 23 juin. Mark Carney, le gouverneur de la Banque d'Angleterre, a incité mardi les banques à ouvrir les vannes pour soutenir une économie britannique en proie aux craintes de récession.

Les marchés financiers semblaient dans un premier temps avoir plutôt bien encaissé le choc de ce référendum pour lequel ils espéraient une autre issue, mais les fissures sont bien réelles et des voies d'eau commencent à apparaître.

"Juste quand nous pensions être revenus dans des eaux plus calmes, la livre se fait marteler", relevait Stephen Innes, trader de OANDA Asia Pacific.

La Livre est "le baromètre de l'état d'esprit des marchés après le Brexit", poursuit M. Edwards. Selon lui, la monnaie britannique "encaisse le stress du marché, à l'inverse du FTSE 100", l'indice phare de la Bourse de Londres, "qui reste solide car près de 75% des bénéfices" se font en dehors du Royaume-Uni, explique-t-il.

- 'Carnage' obligataire -

Les investisseurs inquiets recherchent frénétiquement des placements sûrs, à commencer par l'or, qui a dépassé mercredi son précédent plus haut enregistré le 24 juin dans le sillage du vote britannique en faveur d'une sortie de l'Union européenne.

Le cours de l'once d'or est ainsi monté vers 10H30 GMT (12H30 à Paris) jusqu'à 1.375,45 dollars, son niveau le plus élevé depuis le 17 mars 2014.

Les titres de dette des Etats étaient également particulièrement recherchés avec pour effet une nette détente des rendements de ces dernières.

"Le mot est fort, mais il correspond exactement à ce qui est en train de se passer sur les rendements des obligations d'Etat : un carnage", relevait John Plassard, directeur adjoint du courtier Mirabaud securities.

Le graal obligataire, le Bund allemand, s'est enfoncé à des niveaux jamais vu en territoire négatif, à -0,205%.

Mercredi, le rendement de l'obligation américaine à 10 ans, toujours positive, a touché un nouveau plus bas historique à 1,318%.

Au-delà du Brexit, un autre élément pèse sur les marchés : les banques italiennes.

Elles se font laminer en Bourse et les investisseurs se demandent avec de plus en plus d'insistance si elles ne seront pas le déclencheur d'une nouvelle crise financière en zone euro, d'autant que semble exister un désaccord profond entre le chef du gouvernement italien Matteo Renzi et ses partenaires européens sur la manière dont il faudra les renflouer.

bur-cc-abx/fz/mct

EURONEXT

BLACKROCK

BGC PARTNERS

LONDON STOCK EXCHANGE GROUP PLC

CIC - CREDIT INDUSTRIEL ET COMMERCIAL