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06/07/2016 05:46 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

La mort d'un Noir abattu par la police en Louisiane soulève la colère

Des images vidéos qui montreraient un policier blanc abattre un homme noir au cours d'une altercation à l'extérieur d'un commerce de Baton Rouge, en Lousiane, dans la nuit de lundi à mardi, suscitent une nouvelle controverse aux États-Unis.

Les policiers ont expliqué qu'ils répondaient à un appel anonyme d'une personne se disant menacée par un homme vêtu d'un chandail rouge et armé d'un pistolet. Les agents dépêchés sur les lieux se sont retrouvés impliqués dans une altercation avec Alton Sterling, 37 ans, et l'un des policiers l'aurait mortellement atteint de plusieurs coups de feu.

Le propriétaire du dépanneur devant lequel s'est déroulé l'événement, Abdul Muflahi, a raconté à une chaîne de télévision locale que le premier agent a tenté de maîtriser l'individu avec un pistolet à impulsion électrique. Devant l'échec de la manoeuvre - l'homme de forte corpulence demeurant impassible - le second policier a plaqué l'individu pour l'entraîner au sol.

Selon le témoin, Alton Sterling s'est toutefois débattu pour se défaire de l'emprise de l'agent le maintenant au sol et c'est à ce moment que l'autre policier a tiré de quatre à six coups de feu sur le suspect immobilisé. M. Muflahi soutient que le suspect n'avait pas de pistolet dans ses mains lors de l'intervention des policiers, mais il affirme avoir vu un policier en extraire un de ses poches après l'avoir abattu.

Une vidéo de l'événement circulant sur les réseaux sociaux montre les policiers donnant l'ordre à l'homme de se coucher au sol. Son refus d'obtempérer entraîne l'utilisation du pistolet à impulsion électrique, qui s'avère inefficace. C'est à ce moment que l'autre policier plaque Alton Sterling et l'entraîne au sol pour l'immobiliser. Son collègue le rejoint pour lui prêter main-forte.

Soudain, quelqu'un crie : « il a une arme! Il a une arme! » Des coups de feu retentissent ensuite.

L'autopsie a démontré qu'Alton Sterling est mort de plusieurs blessures infligées par des projectiles d'arme à feu à la poitrine et dans le dos.

Les deux agents impliqués ont été affectés à des tâches administratives, le temps que durera l'enquête, conformément au protocole de la police de Baton Rouge, selon un porte-parole du corps policier.

Quelques heures après la mort Alton Sterling, des dizaines de personnes ont manifesté devant le commerce où s'est déroulée l'altercation. La foule, qui a atteint jusqu'à 200 personnes, scandait « black lives matter » et « mains en l'air, ne tirez pas ».

« La situation aurait pu être gérée différemment », déplore M. Muflahi. « Des deux côtés, elle aurait pu être gérée bien différemment. »