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06/07/2016 12:25 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

La construction en pleine explosion à Laval

Les projets commerciaux, industriels et institutionnels en cours ou à venir cumulent une valeur de 737 millions de dollars à Laval. Une manne qui s'explique en grande partie par la situation géographique de la ville, par le métro, mais aussi par la nouvelle culture de la ville, selon le maire Marc Demers.

Un texte de Francis Labbé

Dans le secteur du métro Montmorency, on retrouve d'un côté la Place Bell (200 millions de dollars), qui pourrait accueillir le club-école du Canadien de Montréal en vue de la saison 2017-2018 de la Ligue américaine de hockey.

Un peu plus au nord, des travailleurs s'affairent à ériger le premier édifice de la phase 2 du projet d'habitation Urbania. Un complexe résidentiel de 1150 unités, évalué à 250 millions de dollars, qui comprendra six tours d'habitation, dont une de 28 et une autre, de 32 étages.

Situé tout juste entre la Place Bell et Urbania, le complexe Espace Montmorency devrait sortir de terre au début de l'année prochaine. Un projet de 420 millions de dollars, qui comprendra des commerces, un hôtel, des bureaux et des espaces résidentiels.

« Le centre-ville de Laval se déplace », explique le professeur Jean-Philippe Meloche, de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal. « On a fait atterrir la station de métro Montmorency, qui est le bout de la ligne orange, et la station est un peu excentrique par rapport au centre-ville historique de Laval. Donc, le centre-ville se déplace et s'adapte à cette nouvelle réalité. »

À ces projets s'ajoutent notamment un quartier des affaires à caractère écologique dans le boisé de l'Équerre, un projet de 30 millions de dollars, ainsi qu'un complexe aquatique d'une valeur de 57 millions.

La multinationale pharmaceutique Valeant a annoncé des investissements de 12,5 millions de dollars à ses installations de Laval, en juin dernier. « Laval a une stratégie dans l'écosystème de biotechnologie », explique Jacques Dessureault, président et directeur général de Valeant Canada. « Laval Technopole est en lien avec l'Institut national de recherche scientifique. En investissant dans ce système, nous nous assurons de maintenir une relève qualifiée. C'est une roue qui tourne », poursuit M. Dessureault.

La valeur des permis de construction à Laval en 2015 s'élève à 907 millions de dollars, en hausse de 43 % par rapport à l'année précédente. « Nous bénéficions d'une situation géographique en or, un potentiel immense », explique Marc Demers. « Laval fait partie du plus important bassin de population du Québec et nous sommes juste à côté de Montréal. »

Héritage de Gilles Vaillancourt

Cette croissance repose toutefois en partie sur les vestiges de l'ère Vaillancourt. Le métro, la Place Bell, le pavillon de l'Université de Montréal à Laval et la volonté de développer ce secteur situé à l'ouest de l'autoroute 15, demeurent des legs du précédent maire de Laval.

Mais, pour Marc Demers, il y a une énorme différence entre les développements passés et présents. « Les entrepreneurs ont repris confiance envers l'administration de la ville, et ça, c'est basé sur une certaine transparence. »

« Nous avons créé une division économique avec des stratégies. Nous faisons l'acquisition de terrains en vue du développement futur. Nos entrepreneurs ont maintenant des règles claires sur lesquelles se fier pour réaliser leurs projets », ajoute le maire Demers, qui précise que sa ville compte encore environ 20 % de son territoire qui demeure disponible pour du développement. 

« Le défi, pour Laval, reste de passer du statut d'une ville où on a tout axé sur l'automobile et la maison unifamiliale détachée, à une ville où il y a des quartiers urbains qui fonctionne comme dans les grandes villes du monde. Et ça, Laval n'y est pas encore arrivée. Mais on sent que ça s'en vient », conclut le professeur Jean-Philippe Meloche, de l'Institut d'urbanisme de l'Université de Montréal.