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06/07/2016 02:46 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

John Kerry à Tbilissi pour rassurer la Géorgie avant le sommet de l'Otan

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé mercredi en Géorgie, première étape d'une visite de deux jours devant se prolonger en Ukraine, afin de rassurer les voisins de la Russie et les assurer du soutien de l'Otan avant un sommet de l'Alliance en Pologne.

M. Kerry doit rencontrer à Tbilissi le président géorgien Guiorgui Margvelachvili, qui assistera à la réunion de l'Otan avec son homologue ukrainien Petro Porochenko.

Comme l'Ukraine, la Géorgie espère intégrer l'Alliance atlantique malgré l'opposition de Moscou et bien que les deux pays connaissent des différents territoriaux avec leur puissant voisin.

Alors que Washington s'oppose à Moscou dans le cadre de la crise ukrainienne, la visite du secrétaire d'Etat américain vise à renforcer les liens des États-Unis avec les deux pays.

Un accord bilatéral de sécurité permettant de renforcer la défense de la Géorgie, petit État du Caucase du sud qui a connu une guerre-éclair en 2008 avec la Russie, doit notamment être signé au cours de la venue de M. Kerry, selon une haute responsable du Département d'Etat.

"Ce sont des membres importants de l'Alliance, des partenaires dont la sécurité signifie beaucoup pour les États-Unis", a-t-elle déclaré à l'AFP sous couvert de l'anonymat, ajoutant avec un sourire que "la Russie peut interpréter comme elle le veut" cette visite.

- 'Encore du travail à faire' -

Alors que se prépare le sommet de l'Otan à Varsovie, déjà qualifié par certains experts de plus important des dernières années, M. Kerry devrait également exprimer le soutien de Washington aux "aspirations euro-atlantiques" de la Géorgie, avait expliqué jeudi le porte-parole du département d'Etat John Kirby.

Les dirigeants de l'Otan avaient promis en 2008 à la Géorgie, avant la guerre d'août avec la Russie, qu'un jour elle rejoindrait l'organisation.

"Nous maintenons ce que l'Otan a dit à Bucarest en 2008", confirme la haute responsable du Département d'Etat. "Nous voyons leur futur avec l'Otan, mais il y a encore du travail à faire."

M. Kerry devrait notamment rencontrer le Premier ministre géorgien Guiorgui Kvirikachvili pour faire le point sur les réformes exigées avant une éventuelle intégration à l'Alliance atlantique.

Le secrétaire d'Etat espère également mettre à profit sa visite pour souligner l'importance du respect des normes démocratiques, selon une source de l'AFP.

Mais un autre obstacle joue contre l'entrée de la Géorgie dans l'Otan: la présence de troupes russes dans les provinces géorgiennes séparatistes d'Ossétie du sud, à moins d'une heure de voiture de Tbilissi, et d'Abkhazie, où la Russie dispose d'importantes bases militaires.

Depuis une guerre avec la Russie en août 2008, la Géorgie a perdu le contrôle de ces deux régions, reconnues comme États indépendants par Moscou.

Inquiète de la présence de forces de l'Otan près de ses frontières, la Russie s'oppose catégoriquement à l'entrée de la Géorgie dans l'Otan.

"Les activités de l'Otan ne renforcent pas la sécurité de leurs membres, mais au contraire, provoquent des tensions", a déclaré de nouveau mardi le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov en amont de la visite de M. Kerry.

"La politique expansionniste de l'Otan souligne une nouvelle fois le caractère agressif de cette organisation", a-t-il ajouté.

- Kerry en Ukraine jeudi -

Jeudi, le chef de la diplomatie américaine se posera à Kiev où il s'entretiendra avec le président Petro Porochenko et le Premier ministre Volodymyr Groïsman. Leurs discussions porteront sur la situation dans l'est du pays, où Kiev affronte une insurrection séparatiste prorusse.

Selon les accords de Minsk conclus en février 2015, la Russie doit cesser de soutenir les rebelles séparatistes et respecter le cessez-le-feu en échange, côté ukrainien, d'une réforme politique et d'une autonomie des régions.

Washington insiste pour que Kiev respecte les accords de Minsk.

A l'issue de ces rencontres, M. Kerry partira vendredi pour Varsovie. Il y rejoindra le président Barack Obama et d'autres dirigeants des pays membres de l'Otan pour le sommet annuel de l'Alliance.

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