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05/07/2016 22:38 EDT | Actualisé 06/07/2017 01:12 EDT

Hong Kong propose de protéger un des libraires "disparus"

La police de Hong Kong a proposé mercredi de protéger un libraire "disparu" de l'ancienne colonie britannique, détenu pendant des mois en Chine sans accès à un avocat et dont Pékin a dit qu'il violait son contrôle judiciaire.

Lam Wing-kee, 61 ans, est l'un des cinq libraires "disparus" de Hong Kong qui s'étaient volatilisés fin 2015. Il a raconté avoir été arrêté à Shenzhen, dans le sud de la Chine et placé en détention pendant huit mois pour avoir introduit des livres interdits sur le continent.

Cette affaire a semé l'effroi alors que de nombreux habitants ont le sentiment que la Chine durcit son contrôle sur Hong Kong, qui lui a été rétrocédée en 1997.

M. Lam, revenu dans la ville après sa libération sous caution, a déclaré qu'il avait peur pour sa sécurité.

Hong Kong est une région administration spéciale mais a son propre système judiciaire, sa propre police tandis que les autorités chinoises comme hongkongaises contrôlent strictement leurs frontières.

D'après les défenseurs des droits de l'Homme, l'un des libraires "disparus" avait été enlevé sur le sol hongkongais par des agents chinois y opérant illégalement.

Hong Kong jouit de libertés inconnues ailleurs en Chine continentale, en vertu du principe "un pays, deux systèmes", en théorie jusqu'en 2047.

Les libraires travaillaient tous pour "Mighty Current", une maison d'édition hongkongaise spécialisée dans les titres salaces sur la vie privée des dirigeants chinois et les intrigues politiques au sommet du pouvoir.

M. Lam est le seul à avoir parlé ouvertement de cette affaire, laissant entendre que les quatre autres subissaient trop de pressions de la part de la Chine pour l'imiter.

Il aurait dû retourner en Chine mais a refusé de le faire.

Il avait prévu de manifester la semaine dernière à l'occasion de l'anniversaire de la rétrocession mais y avait renoncé à la dernière minute en disant qu'il était suivi.

Cette affaire place Leung Chun-ying, chef du gouvernement local pro-Pékin, dans une position délicate. Il est pris en tenailles entre les autorités chinoises et les Hongkongais en colère face à ce qu'ils perçoivent comme l'interventionnisme de Pékin.

"Le gouvernement et moi-même faisons très attention aux inquiétudes de Lam Wing-kee pour sa sécurité personnelle", a dit M. Leung à la presse mercredi.

Le chef adjoint de la police de Hong Kong Tony Wong a déclaré que ses services étaient prêts à le protéger "s'il le souhaite".

D'après les médias, les autorités chinoises ont prévenu M. Lam qu'il avait violé les conditions de son contrôle judiciaire et qu'il pourrait faire face à des mesures plus dures.

Hong Kong et la Chine n'ont pas signé de traité d'extradition. Les autorités locales ne sont pas obligées de renvoyer le libraire en Chine.

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