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06/07/2016 05:20 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

France : les comptes à l'étranger du milliardaire Serge Dassault sous la loupe de la justice

Le tribunal de Paris a tenté mercredi de se retrouver dans les méandres des comptes à l'étranger du milliardaire et homme politique Serge Dassault, 91 ans, jugé pour blanchiment de fraude fiscale.

Le parquet national financier (PNF) reproche au PDG du groupe Dassault, fondé par son père Marcel, d'avoir détenu des comptes à l'étranger pour dissimuler le produit direct de sa propre fraude fiscale.

En cause, les comptes de quatre fondations et sociétés, basées aux Iles Vierges britanniques, au Luxembourg et au Liechtenstein, qui ont abrité jusqu'à 31 millions d'euros en 2006, près de 12 millions en 2014.

Abordant le fond du dossier après s'être longuement consacré à de multiples points de procédure soulevés par la défense de l'industriel et sénateur du parti de droite Les Républicains, le tribunal correctionnel de Paris s'est trouvé face au peu d'éléments dont il peut disposer.

Serge Dassault, qui ne s'est pas présenté à l'audience, n'a pas pu être entendu pendant l'enquête car il se s'est pas rendu aux convocations, en invoquant selon le PNF des "moyens dilatoires".

Les seuls éléments qu'il a fournis sont des courriers, dans lesquels il explique qu'il a hérité de ces fonds.

Le tribunal ne dispose pas d'éléments précis sur leur origine, si ce n'est que selon la "rumeur" au sein de la famille, ils auraient été placés dans les années 1950 par Marcel Dassault. D'origine juive, ce dernier avait "peur de revivre la guerre" durant laquelle il avait été interné et déporté, et voulait "protéger sa famille".

Serge Dassault est également jugé pour avoir omis de déclarer 11 millions d'euros en 2014 et 16 millions d'euros en 2011 à la Commission pour la transparence financière de la vie publique, chargée de vérifier les situations patrimoniales des élus.

Son patrimoine déclaré était en 1995 de 2,4 milliards de francs, en 2001 de 615 millions d'euros, 1,125 milliard d'euros en 2004, 409 millions en 2008, 573 millions en 2011 et 722 en 2014, a énuméré le président.

M. Dassault a depuis régularisé sa situation.

Le procès se poursuivait jeudi après-midi, avec le réquisitoire du PNF puis les plaidoiries de la défense. Prévisions qui pourraient être revues si M. Dassault "se décidait à venir nous donner quelques précisions", a glissé le président du tribunal.

L'existence de "cagnottes" au Luxembourg et au Liechtenstein avait déjà été évoquée dans le cadre d'une autre enquête sur un système présumé d'achats de voix lors des campagnes municipales à Corbeil-Essonnes, ville de la banlieue sud de Paris dont Serge Dassault a été le maire. Cette affaire, dans lequel Serge Dassault est inculpé, est toujours en cours d'instruction.

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