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06/07/2016 03:01 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

France: jugement jeudi dans un énorme dossier d'escroquerie à la "taxe carbone"

Le tribunal de Paris rend jeudi son jugement dans un énorme dossier d'escroquerie à la taxe carbone portant sur 283 millions d'euros impliquant douze prévenus dont six, absents, sont présumés en fuite en Israël.

Les six présents, qui comparaissent libres, encourent jusqu'à dix ans de prison. Le procureur a requis la peine maximale, assortie d'un million d'euros d'amende, contre les trois principaux prévenus: un golden-boy, Arnaud Mimran, Marco Mouly qui a grandi dans un quartier populaire de Paris, et un courtier polonais, Jaroslaw Klapucki.

L'escroquerie qui remonte à 2008 et 2009 et implique la pègre franco-israélienne, avait pour cadre le marché européen des quotas de carbone conçus pour lutter contre le réchauffement climatique.

Elle consistait à acheter des quotas d'émissions de CO2 hors taxe dans un pays étranger, avant de les revendre en France à un prix incluant la TVA (taxe sur la valeur ajoutée), puis d'investir les fonds dans une nouvelle opération. La TVA, elle, n'était jamais reversée à l'État. Un "vol dans la poche du peuple", a fait valoir le Parquet national financier (PNF) dans son réquisitoire.

Le dossier examiné au tribunal correctionnel de Paris en mai est le plus important dans cette affaire qui porte au total sur 1,6 milliard d'euros. D'autres dossiers sont encore en cours d'instruction.

Considéré par l'accusation comme l'un des principaux organisateurs, Marco Mouly, 51 ans, a affirmé que son rôle n'avait consisté qu'à ouvrir des comptes bancaires à Chypre, Hong Kong et Tunis à la demande d'un associé, Samy Souied. Celui-ci, envers qui Marco Mouly avait une dette de 900.000 euros, a été assassiné en 2010 à Paris.

Les millions d'euros sur les comptes de Marco Mouly provenaient, dit-il, de ses gains au poker ou à la Bourse.

As de la finance au train de vie "tape à l'oeil", Arnaud Mimran met également en cause Samy Souied et concède un simple rôle de receleur.

Lors des débats, Arnaud Mimran a affirmé avoir donné "un million" au Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu en 2001. Si pour ceux qui étaient présents à l'audience il était évident qu'il s'agissait d'euros, M. Mimran a ensuite affirmé qu'il parlait de francs (soit environ six fois moins).

Le bureau de M. Netanyahu a quant à lui évoqué 40.000 dollars, soulignant qu'il n'avait pas à ce moment-là de fonction publique et que l'argent était allé à un fonds finançant des activités privées.

Ces éléments, déjà évoqués au stade de l'instruction, ont créé une onde de choc en Israël, où la justice a commencé à "examiner" les affirmations d'Arnaud Mimran.

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