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06/07/2016 14:22 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Euro 2016: la fierté malgré tout à Cardiff

Malgré la déception, immense, c'est la fierté qui domine mercredi soir à Cardiff après la défaite (2-0) du pays de Galles face au Portugal en demi-finales de l'Euro-2016 à Lyon, à l'image d'un stade debout pour rendre hommage aux joueurs.

"Je suis dégoûté mais en même temps euphorique. On a fait demi-finales! Du jamais vu! On va fêter ça comme il se doit", souligne Sophie Manley, 27 ans, qui portait un t-shirt portant l'inscription: "Une Galloise assoiffée".

"C'est incroyable qu'on soit arrivé aussi loin. Je suis tellement fier d'être Gallois", s'enthousiasme Taz Afsar, 46 ans.

"On a gagné le respect du monde entier, tout le monde est tombé amoureux du Pays de Galles", ajoute Sian Melvin, venu lui aussi assister à la rencontre devant les trois écrans géants du stade Millenium de Cardiff.

Réquisitionnée pour l'occasion, la cathédrale du rugby a été transformée en gigantesque fanzone améliorée pour répondre à l'engouement exceptionnel de supporters gallois.

Jusque-là, ils avaient suivi les matches devant un écran géant installé au pied du château dans un parc pouvant accueillir au maximum 6.000 personnes.

Au Millenium, ils étaient 27.000, jauge maximale décidée par les organisateurs qui auraient pu remplir facilement le stade tellement les places, gratuites, sont parties comme des petits pains.

Lorsque la défaite, loin là-bas en France, est devenue inéluctable, tout le stade s'est levé comme un seul homme pour saluer, à distance, cette équipe qui les a fait rêver pendant un mois.

- 'Mieux que les Anglais, c'est tout ce qui compte'-

Des chants et une longue salve d'applaudissements ont alors accompagné les coéquipiers de Gareth Bale vers la sortie, avant qu'on ne range, quand même un peu dépité, les drapeaux et les dragons gonflables.

"J'éprouve un sentiment contradictoire: effondré mais si fier", résumait Rhian Coles, un autre supporter.

Les coeurs étaient gonflés d'espoir au coup d'envoi, au stade comme à la ville, baignée de soleil, où la bière a coulé à flots dès le début de l'après-midi.

L'hymne national, "Land of My Fathers", a été repris à plein poumons sous le toit fermé du Millennium dans une ambiance filant la chair de poule.

Les premières passes étaient accueillies par de bruyants "Wales, Wales, Wales" et à la mi-temps, atteinte sur un score nul et vierge, les supporters étaient plus confiants que jamais.

"Nous sommes la meilleure équipe. Il faut juste continuer comme ça et ça va finir par passer", assurait Gavin Darlington, 34 ans.

"On va en marquer deux", ajoutait Jack McNally.

Malheureusement pour lui, sa prophétie s'est vérifiée, mais pas dans le sens voulu, puisque c'est le Portugal qui a marqué deux buts coup sur coup au retour des vestiaires, par Ronaldo et Nani.

Un double coup de massue pour le Millennium qui s'est rapidement ressaisi pour pousser leur équipe, malgré le peu d'occasions sur le terrain et l'impression d'une lente agonie, sans but.

Quelques larmes ont alors commencé à couler dans les tribunes.

Yan Thomas, 25 ans, préférait retenir le chemin parcouru. "J'étais là quand c'était moins reluisant, quand on jouait devant 9.000 personnes à Swansea contre l'Estonie". Mercredi soir, ils étaient trois fois plus nombreux à Cardiff, rien que pour regarder le match sur un écran.

"J'ai le coeur brisé mais la fête continue. On a fait mieux que les Anglais, c'est tout ce qui compte", lançait Mark Davies, venu de Swansea pour l'occasion.

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