NOUVELLES
06/07/2016 10:30 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Corée du Nord: Kim Jong-Un, un dirigeant énigmatique au pouvoir absolu

Objet pour la première fois de sanctions financières américaines, Kim Jong-Un, dirigeant de l'unique dynastie communiste qu'est la Corée du Nord, affole régulièrement la communauté internationale en multipliant les tirs de missiles.

En janvier, il s'était offert un essai de bombe à hydrogène pour son 33e anniversaire, une façon d'affirmer son autorité et de renforcer sa position vis-à-vis du reste du monde.

Fils cadet de l'ancien dirigeant nord-coréen Kim Jong-Il, le jeune homme avait été désigné pour succéder à son père dès l'annonce de la mort de ce dernier, en décembre 2011. Le monde venait à peine de découvrir sa silhouette corpulente, son visage rond et sa coupe de cheveux lui dégageant largement la nuque et les oreilles.

Kim Jong-Un avait été rapidement reconnu comme "commandant suprême" de l'armée et chef du Parti des travailleurs de Corée, parti unique du pays.

Pendant les neuf jours entre l'annonce du décès de son père et les obsèques, Kim Jong-Un avait été omniprésent dans les médias nord-coréens. Il était apparu en larmes au premier rang, devant les principaux responsables militaires et civils du pays, pour s'incliner face à la dépouille de Kim Jong-Il, exposée dans un cercueil en verre dans un mausolée de Pyongyang.

Puis, comme son père, Kim Jong-Un a été montré souvent se rendant dans les usines, les écoles, les fermes et les casernes du pays. Chacun de ces déplacements était suivi par les médias d'Etat et les images qui en étaient rapportées présentaient la plupart du temps un Kim Jong-Un souriant, posant des questions et encourageant les ouvriers tout en leur prodiguant des conseils.

Mais il s'était parfois aussi mis en scène en colère, comme au printemps l'an dernier dans un élevage de tortues qu'il estimait mal géré, couvrant publiquement de réprimandes ses employés. Le Rodong Sinmun, organe du parti unique, avait publié en première page une large photographie du dirigeant furibond, le doigt accusateur pointé sur les bassins.

Les rumeurs de purges se sont multipliées sous sa direction. Le cas le plus retentissent fut l'exécution en décembre 2013 de l'oncle influent de Kim Jong-Un, Jang Song-Thaek, accusé de trahison et de corruption.

- 'Portrait craché' du père -

Après deux tests intervenus avant son règne, un troisième essai nucléaire avait été mené sous sa direction en février 2013, attirant à son pays des sanctions de l'ONU et aiguisant les tensions sur la péninsule coréenne.

Né le 8 janvier 1983 de la troisième femme de Kim Jong-Il, une danseuse coréenne née au Japon, le jeune homme a été formé dans des institutions suisses. Décrit comme un garçon ambitieux, il y développa aussi le goût pour le basket-ball, le ski, ou les films de Jean-Claude Van Damme.

Ces années passées dans un pays étranger, une économie de marché, pourrait favoriser une approche plus pragmatique chez Kim Jong-Un, voulaient croire des analystes au moment de son arrivée au pouvoir. Feu son père, lui, n'avait jamais séjourné dans un "pays ennemi".

Kenji Fujimoto, chef cuisinier japonais longtemps au service de Kim Jong-Il à Pyongyang, a décrit le jeune homme comme "fait du même bois que son père, son portrait craché, en ce qui concerne le visage, la corpulence et la personnalité".

Tous ces éléments lui auraient valu la préférence paternelle, aux dépens de ses deux frères aînés, Jong-Nam et Jong-Chul.

Kim Jong-Un n'était pas cité initialement comme le mieux placé dans l'ordre de succession. Mais son grand frère Jong-Nam, longtemps donné favori, aurait perdu les faveurs paternelles lors de l'épisode rocambolesque de son expulsion du Japon où il avait tenté de pénétrer en 2001, muni d'un faux passeport, soi-disant pour visiter Disneyland.

Depuis son arrivée au pouvoir, il aurait pris une quarantaine de kilos en raison de "compulsions" alimentaires. Il souffrirait aussi d'insomnie et de paranoïa concernant sa sécurité personnelle, a récemment affirmé l'agence de renseignement sud-coréenne (NIS).

bur-dla-pn-uh/ger/pjl