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06/07/2016 12:44 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Brésil/destitution: Rousseff se dit "victime d'une farce politique et juridique"

La présidente suspendue du Brésil, Dilma Rousseff, a nié mercredi avoir violé la Constitution en maquillant les comptes publics et s'est dite "victime" d'une injustice et d'une farce politique, dans une lettre envoyée au Sénat.

Ecartée du pouvoir le 12 mai, Mme Rousseff a choisi de ne pas témoigner en personne devant la commission du Sénat qui doit se prononcer sur sa destitution et a laissé à son avocat et ex-ministre de la Justice, Eduardo Cardozo, le soin de lire sa défense.

"Le destin m'a toujours réservé de grands défis. Certains me paraissaient insurmontables, mais j'ai réussi à les vaincre. J'ai déjà subi la douleur indicible de la torture et ce qui me blesse le plus en ce moment, c'est l'injustice, c'est de réaliser que je suis victime d'une farce juridique et politique", écrit l'ex-guérilléra de 68 ans qui avait été emprisonnée sous la dictature (1964-85).

"Je n'ai commis aucun crime de responsabilité (budgétaire). Jamais je n'ai détourné un seul centime public pour mon enrichissement personnel ou de tiers", ajoute-t-elle.

La commission de 21 sénateurs - où le soutien à Mme Rousseff est très minoritaire - examine les accusations portées contre elle afin de déterminer s'il y a eu violation de la loi de responsabilité budgétaire.

Cette commission votera le 4 août un rapport non contraignant qui sera soumis en séance plénière des 81 sénateurs le 9 août.

Mme Rousseff envisage de se défendre elle-même lorsque l'affaire arrivera en séance plénière.

Le vote final pourrait ensuite avoir lieu entre le 25 et 27 août, peu après la clôture des Jeux Olympiques de Rio. Au moins 54 voix seront nécessaires (deux tiers des sénateurs) pour écarter définitivement Mme Rousseff, sinon elle pourra reprendre ses fonctions.

L'opposition, regroupée autour du président par intérim Michel Temer, considère que les jeux sont faits et qu'elle sera destituée.

"La question est déjà tranchée, car les crimes ont été commis et prouvés", a déclaré à l'AFP le sénateur Cassio Cunha Lima, du parti social-démocrate PSDB (droite).

Mme Rousseff affirme que sa destitution n'a pas de base légale et dit avoir été "trahie" par son vice-président de centre-droit Michel Temer, 75 ans, qui a ourdi un "coup d'Etat parlementaire".

Si elle est définitivement écartée du pouvoir, c'est M. Temer qui la remplacera jusqu'à la fin de son mandat, en 2018.

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