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06/07/2016 09:49 EDT | Actualisé 07/07/2017 01:12 EDT

Après le Brexit, le Luxembourg veut lui aussi attirer les entreprises londoniennes

Les ministres luxembourgeois de l'Economie et des Finances, Etienne Schneider et Pierre Gramegna, vont effectuer une mission de promotion économique en Grande-Bretagne à la fin du mois afin de vanter le Grand-duché en tant que terre de substitution après le Brexit.

Les deux ministres en ont fait l'annonce au Parlement à l'occasion de questions au gouvernement notamment consacrées au référendum sur la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne. Ils se rendront du 25 au 27 juillet à Londres et à Bristol (ouest).

"Aux sociétés opérant en Grande-Bretagne qui auraient besoin d'une présence sur le continent, nous voulons dire que le Luxembourg est une bonne (solution) alternative", a déclaré M. Schneider.

A Londres, il rencontrera des chefs d'entreprise et des représentants de la presse. Au cours de la mission, le ministre socialiste doit faire valoir "la stabilité politique du Luxembourg, son caractère pro-européen, son administration accessible et son économie tournée vers l'international".

L'objectif sera d'attirer les groupes internationaux requérant un accès direct au marché unique en cas de sortie effective du Royaume-Uni.

Le ministre des Finances, Pierre Gramegna, l'accompagnera pour mettre en valeur cette initiative, envisagée au ministère de l'Economie plusieurs semaines avant le référendum britannique du 23 juin.

Le centre financier luxembourgeois, l'un des plus prospères en Europe, est fréquemment cité - aux côtés de Francfort, Paris ou Dublin - en tant que solution de repli pour les institutions financières utilisant le passeport européen.

"Nous avons reçu beaucoup de demandes de renseignements", a reconnu Pierre Gramegna devant la Chambre.

"Tout n'est pas parfait, mais aujourd'hui un chef d'entreprise peut envisager d'installer un quartier général au Grand-Duché sans risque", a-t-il assuré.

Devant les députés, les ministres de l'Economie et des Finances ont privilégié une "croissance qualitative" concomitamment au Brexit, ciblant une série d'activités comme les technologies financières, la banque privée, l'assurance et l'accueil de sièges de multinationales.

Au préalable, Franz Fayot, député socialiste spécialisé dans les questions financières, avait mis en garde contre le danger, selon lui, de devenir "le Monaco du Nord en attirant à l'excès des personnes fortunées".

- Une 'porte d'entrée' -

Les ministres ont par ailleurs informé le Parlement de la création d'un groupe de travail ministériel qui se consacrera au Brexit.

Il réunira les ministres des Finances, de l'Economie, du Logement, du Développement durable, de l'Education et des Affaires étrangères. Les titulaires de ces portefeuilles tenteront de prévoir les éventuelles conséquences d'un afflux de population en provenance du Royaume-Uni.

L'aspect de l'immobilier, d'habitation et de bureau, sera particulièrement surveillé afin de limiter la pression sur l'offre.

Le Luxembourg, un des membres fondateurs de l'Union européenne, se présente depuis plusieurs années aux entreprises extracommunautaires comme une "porte d'entrée" dans le Vieux Continent.

Depuis le déclin de son industrie sidérurgique, ce pays grand comme un département français (2.586 km² pour 576.200 habitants) s'est spécialisé dans les services, notamment financiers.

De fait, la délocalisation d'activités de groupes internationaux opérant aujourd'hui de Londres fait figure d'opportunité pour le Luxembourg.

"La plupart des grands cabinets d'avocats et de conseil ont créé des départements +Brexit+", observait lundi le patron de l'Association des banques et des banquiers du Luxembourg (ABBL), Serge de Cillia.

Les lobbys financiers partagent le voeu de voir le gouvernement luxembourgeois réfléchir à une stratégie nationale visant à attirer les entreprises à cheval entre le Royaume-Uni et le continent.

Les représentants des banques, des assurances et des fonds d'investissement suggèrent notamment de revoir le taux d'imposition des sociétés à la baisse.

Le ministre des Finances s'est toutefois refusé mercredi à toute baisse supplémentaire.

La semaine dernière, le "Haut comité pour la place financière", une arène informelle réunissant les représentants des milieux d'affaires luxembourgeois et le ministre des Finances, avait décidé de la création d'un groupe de travail consacré au Brexit et opérant dans le cadre de l'agence de promotion "Luxembourg for Finance".

Sa composition n'est pas encore déterminée, mais sa mission "sera de renforcer la promotion et d'agir comme point de contact pour les entreprises envisageant de s'établir ou de renforcer leur présence à Luxembourg", avait expliqué le bureau de M. Gramegna.

pso/agr/bds

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