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06/07/2016 01:01 EDT | Actualisé 06/07/2017 01:12 EDT

Afghanistan: l'Otan doit renforcer la protection des civils (HRW)

L'Otan doit renforcer la protection des civils en Afghanistan dont les pertes ne cessent de croître, estime Human Rights Watch (HRW) à la veille du sommet de Varsovie qui renouvellera le soutien international à l'armée afghane.

Dans une lettre aux chefs d'Etats de l'Organisation du traité de l'Atlantique Nord (Otan) qui se réunissent en Pologne vendredi et samedi, l'organisation de défense des droits humains dénonce notamment l'usage des écoles -parfois construites par l'aide internationale- à des fins militaires et le recrutement d'enfants par toutes les parties en conflit, que ce soit le gouvernement ou les talibans.

HRW affirme avoir identifié récemment onze écoles "dans une seule région de la province de Baghlan" (nord) servant de postes militaires, "laissant penser que le problème est bien pire".

La Mission d'assistance de l'ONU à l'Afghanistan (Manua) a également signalé l'an passé vingt écoles occupées par l'armée ou les insurgés.

"Trop souvent, les écoles deviennent des champs de bataille", insiste HRW, affectant l'éducation de milliers d'enfants "en particulier celle des filles, que les familles ne laissent pas fréquenter des écoles utilisées par des soldats".

HRW dénonce aussi dans sa lettre les attaques menées contre les personnels de santé et centres de soin.

Elle rappelle qu'en 2015, selon l'ONU, les victimes civiles ont augmenté de 28% (plus de 11.000 morts et blessés) et qu'au cours des premiers mois de 2016, l'armée a été responsable de 369 victimes civiles, "une hausse de 70% comparé à la même période 2015".

HRW accuse par ailleurs l'armée et les talibans de recourir aux enfants soldats dont le "recrutement a plus que doublé en 2015" avec 116 cas documentés (dont une fille) selon l'ONU. Les talibans ont récemment accéléré les enrôlements forcés d'enfants dans le nord, ajoute-t-elle.

Pour Brad Adams, directeur de HRW pour l'Asie, cité dans le communiqué, "le sommet de Varsovie est une occasion cruciale pour l'Otan de s'impliquer plus fortement dans la réduction des victimes civiles".

Interrogé sur les "mesures concrètes" que l'OTAN pouvait prendre pour s'opposer au recrutement d'enfants, souvent exploités sexuellement, le haut représentant civil de l'Otan à Kaboul, l'ambassadeur Ismail Aramaz, a répondu avoir "insisté" auprès de ses interlocuteurs afghans "pour que les responsables de tels actes, spécialement les officiers, soient traduits en justice".

"Mais il revient aux Afghans de décider comment ces actes peuvent être pénalisés", a-t-il ajouté.

Pour l'opération Resolute Support en Afghanistan, l'Otan dispose de 12.000 personnels, dont 10.000 Américains.

ach/lsb