NOUVELLES
02/07/2016 08:36 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

Une Gay Pride sous haute sécurité à Paris trois semaines après Orlando

Des dizaines de milliers de personnes ont défilé samedi à Paris pour la "Marche des fiertés" LGBT (lesbiennes, gays, bisexuels, transgenres), encadrée par un important mais discret dispositif de sécurité, trois semaines après la tuerie dans un club gay d'Orlando, aux Etats-Unis.

L'immense cortège, fort de plusieurs dizaines de chars et ouvert par des motards arborant des drapeaux arc-en-ciel, s'est élancé au son de la musique techno vers 15H00 (13H00 GMT) sur les quais de la Seine, à proximité du Louvre, pour rejoindre la place de la Bastille.

Mais cette année, le rendez-vous phare de la communauté LGBT, toujours festif et coloré, a pris une résonance particulière avec l'attentat contre une boîte gay d'Orlando (Floride), revendiquée par l'organisation Etat islamique, qui a fait 49 morts le 12 juin.

"Trois semaines après l'attaque LGBT-phobe et raciste d'Orlando, marcher est un acte de résistance. Nous ne devons pas céder à la peur. Nous avons plus que jamais besoin de réaffirmer notre visibilité et notre fierté dans les rues", a lancé avant le départ Amandine Miguel, porte-parole de l'association Inter-LGBT, organisatrice de la marche.

"Nous marchons en mémoire de nos soeurs et nos frères assassinés" en Floride, déclare Camille Spire, animatrice de l'ONG Aides, qui lutte contre le sida.

Parmi les participants, Francis Carrier, 62 ans, porte une pancarte "Orlando, triste, solidaire." "C'est encore un crime commis par ceux qui ne supportent pas la différence", commente ce coordinateur de Grey pride, une association dédiée aux seniors homosexuels.

Dans ce contexte de menace jihadiste, moins de huit mois après les attentats qui ont fait 130 morts à Paris le 13 novembre, près d'un millier de policiers et gendarmes ont été mobilisés pour sécuriser le parcours, raccourci de deux kilomètres par rapport aux 4,6 kilomètres initialement prévus.

La marche avait également été décalée d'une semaine, les forces de l'ordre étant déjà réquisitionnées à la date habituelle du défilé, le dernier week-end de juin, pour assurer la sécurité d'un match de l'Euro de foot dans la capitale française.

Mais dans le cortège, l'ambiance est résolument festive. Des centaines de jeunes sautent et dansent à l'unisson sur la musique techno que mixe l'un des DJs perché sur un char. De la foule souriante se dégagent quelques drag queens, une poignée d'hommes vêtus de mini-shorts, ou encore une nonne au visage orné de piercings, portant un pantalon en plumes roses.

Plusieurs personnalités politiques ont pris part à la marche, comme la ministre socialiste de la Culture Audrey Azoulay et la maire de Paris Anne Hidalgo, également socialiste.

"Notre ville sera toujours un rempart face à l'homophobie car l'ouverture à l'autre et la tolérance font partie de son ADN", a affirmé Anne Hidalgo dans une interview au magazine gay Têtu.

"Après Orlando, plus que jamais réaffirmer les valeurs républicaines d'égalité, de tolérance et de respect", a de son côté tweeté le Premier ministre Manuel Valls.

L'édition 2016 met à l'honneur les transgenres. "Les droits des personnes trans sont une urgence. Stérilisations forcées, agressions, précarité: stop !", clamait la banderole de tête du cortège.

Cette dernière Gay Pride avant l'élection présidentielle du printemps 2017 vise également à rappeler au président François Hollande ses "promesses non tenues", malgré l'ouverture du mariage aux couples homosexuels, selon l'Inter-LGBT qui réclame l'ouverture de la procréation médicalement assistée aux femmes seules ou en couple avec une femme.

jf-sva/mra/nou/abk