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02/07/2016 03:33 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

Scandale des gros salaires en Iran: nouvelles démissions

Le directeur de la Caisse du développement national d'Iran, Seyed Safdar Hosseini, et tous ses collaborateurs, ont été contraints à la démission samedi emportés par le scandale des salaires exorbitants de hauts responsables qui provoque la colère en Iran, a rapporté l'agence Isna.

Depuis deux mois, la publication des fiches de paie de hauts responsables, aux montants jusqu'à plus de 100 fois supérieurs au salaire de base des fonctionnaires (400 dollars, 359 euros), fragilise le gouvernement du président Hassan Rohani à un an de la présidentielle.

M. Hosseini, nommé par le président Rohani, était particulièrement visé, les médias ayant publié sa fiche de paie d'un montant de près de 580 millions de rials par mois (environ 17.000 dollars, 15.200 euros ). Selon les médias, il aurait accepté de reverser près de 140.000 dollars à l'Etat.

M. Hosseini était ministre du Travail puis de l'Economie du temps du président réformateur Mohammad Khatami (1997-2005) et sa fille a été élue députée à Téhéran sur la liste des réformateurs aux dernières législatives.

Ces nouvelles démissions interviennent après le limogeage, jeudi, par le ministre de l'Economie Ali Tayebnia, de directeurs de grandes banques "pour avoir reçu des salaires et des prêts anormaux".

Les médias conservateurs avaient accusé Hossein Fereydoun, le frère et conseiller spécial du président Rohani, d'avoir imposé la nomination d'un proche à la tête de la banque Refah où il percevait 60.000 dollars (53.800 euros) par mois. Ce dernier a dû quitter son poste, mais M. Fereydoun a formellement démenti les accusations de favoritisme portées contre lui.

Samedi, le guide suprême, l'ayatollah Ali Khamenei, a de nouveau ordonné au gouvernement d'agir "avec fermeté contre toute infraction" liée aux salaires.

De son côté, le ministre de l'Economie a fixé un plafond pour les salaires des directeurs de banques et sociétés d'Etat qui ne doivent pas dépasser 5.500 dollars (4.900 euros) mensuels, selon les médias. Il a annoncé qu'une décision concernant l'ensemble des salaires dans la fonction publique serait prochainement prise. La justice a menacé d'intervenir en cas d'inaction du gouvernement.

Après plusieurs semaines d'attentisme, le gouvernement multiplie les mesures pour tenter de désamorcer le scandale exploité par ses adversaires conservateurs à un an de la présidentielle, à laquelle devrait se présenter Hassan Rohani pour un second mandat de quatre ans.

Selon un responsable réformateur, Abdollah Nasseri, "les adversaires du gouvernement ont mis la main sur 3.000 fiches de paie (de hauts responsables) qu'ils veulent utiliser d'ici la présidentielle" pour affaiblir le président Rohani et son gouvernement.

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