NOUVELLES
02/07/2016 12:01 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

Nigeria: les rebelles du delta du Niger réfutent tout projet d'assassinat

Les Vengeurs du delta du Niger (NDA), un groupe rebelle auteur ces derniers mois de sabotages d'installations pétrolières dans le sud du Nigeria, ont réfuté samedi préparer un assassinat, comme les en ont accusés les autorités.

Vendredi, les services secrets nigérians ont affirmé dans un communiqué avoir arrêté un membre du groupe rebelle du nom de Selky Torughedi. Selon eux, ce dernier "projetait d'assassiner" un officier à Kaduna, une ville située à quelque 200 kilomètres au nord d'Abuja.

Les renseignements nigérians ont également annoncé avoir arrêté un autre rebelle, Christian Oluba, "alors qu'il peaufinait des plans en vue de mener des attaques à l'explosif sur des oléoducs et des gazoducs".

Samedi, le porte-parole des Vengeurs, Mudoch Agbinibo, a qualifié ces arrestations de "risibles". Selon lui, les prétendus suspects sont des "agents dormants", travaillant justement pour le compte des services secrets.

Apparus pour la première fois au mois de mai, les Vengeurs du Delta du Niger affichent des intentions ouvertement séparatistes: comme de nombreux autres rebelles nigérians avant eux, ils se battent pour une meilleure redistribution des revenus du pétrole et pour une plus grande autonomie politique.

Le groupe affirme ne cibler que les infrastructures pétrolières et ne pas vouloir s'en prendre aux personnes.

Les opérations de sabotage ont fait grimper les cours du pétrole et menacent l'économie nigériane. Le gouverneur de la Banque centrale n'a pas hésité à parler d'une récession "imminente".

Ramener le calme dans le delta du Niger est essentiel à la relance de l'économie. Conscient de cela, le président Muhammadu Buhari a rencontré la semaine dernière une délégation de militants et diffusé un communiqué appelant à "reconstruire" la région.

La problématique n'est pas nouvelle dans cette zone du Nigeria. En 2009, au terme de plusieurs années de violences, le gouvernement nigérian a déjà négocié un programme d'amnistie avec les rebelles du delta du Niger.

Mais six ans plus tard, quand le président Muhammadu Buhari, fraîchement élu, a annoncé son intention de mettre fin à ce programme d'ici 2018, la contestation a repris.

Plusieurs groupes rebelles sont subitement apparus, dont les Vengeurs, les plus actifs et les plus connus. Ils ont revendiqué l'explosion d'installations gérées par la compagnie pétrolière nationale NNPC et les géants étrangers Eni, Shell et Chevron, dans les Etats de Delta et de Bayelsa.

sf/dom/ger