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02/07/2016 02:20 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

Le fils d'un Tunisien tué dans l'attentat d'Istanbul remis à la justice

Le fils d'un militaire tunisien tué dans le triple attentat d'Istanbul a été remis samedi aux autorités tunisiennes après sa détention en Turquie pour avoir un temps rejoint le groupe jihadiste Etat islamique (EI) en Syrie.

Selon le porte-parole du parquet, Sofiène Sliti, "Anouar Bayoudh est arrivé à Tunis à 00H30 (23H30 GMT vendredi) avec sa compagne. Ils ont été transférés à l'Unité des crimes terroristes de la garde nationale à l'Aouina", près de Tunis.

Ils seront poursuivis par la justice pour "adhésion à une organisation terroriste et implication dans des crimes terroristes", a-t-il dit à l'AFP sans mentionner l'EI.

A l'automne dernier, Anouar Bayoudh avait rejoint avec sa fiancée Farah l'EI en Irak puis en Syrie avant de le regretter et d'appeler à l'aide, avait raconté sa mère Saida à l'AFP. Il avait réussi à fuir le groupe extrémiste mais a été placé en détention en Turquie sur son chemin de retour en Tunisie.

Son père Fathi Bayoudh, chef du service pédiatrique de l'hôpital militaire de Tunis, était parti en Turquie pour tenter de le rapatrier. Mardi, en allant chercher sa femme à l'Aéroport Atatürk venue le rejoindre, il a été tué dans le triple attentat suicide (44 morts).

Anouar, qui va être entendu aujourd'hui par les enquêteurs, ne sait pas encore que son père est mort, a affirmé M. Sliti.

Pendant deux mois, ce médecin en congé sans solde avait fait des allers-retours entre la Turquie et la Tunisie pour tenter de ramener son fils. Vendredi, il a été enterré dans l'émotion dans sa ville natale de Ksour Essef (centre-est).

En l'absence de revendication, les autorités turques soupçonnent prioritairement l'EI d'être derrière les attaques d'Istanbul.

La Tunisie, elle-même frappée par des attentats sanglants revendiqués par l'EI, compte des milliers de ressortissants au sein d'organisations jihadistes en Syrie, en Irak et en Libye voisine.

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