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02/07/2016 02:15 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

L'envoi de SMS menaçant des journalistes suscite l'émoi en Iran

L'envoi de SMS anonymes menaçant des journalistes et des acteurs sociaux contre tout contact "avec des éléments hostiles basés à l'étranger", a suscité l'émoi dans les milieux politiques et journalistiques, a rapporté samedi l'agence Isna.

"Tout contact et collaboration avec des éléments hostiles basés à l'étranger, par mail et autres moyens de communication est un délit et sera poursuivi par la justice. Il est nécessaire de cesser vos contacts. Ce SMS est le dernier avertissement", affirmait le message dont l'origine reste inconnue.

Selon certains médias, quelque 700 journalistes et acteurs sociaux avaient reçu ce SMS jeudi soir.

Le député modéré Ali Motahari a réagi samedi en affirmant que "l'envoi de ces SMS a crée l'inquiétude parmi les journalistes". "La cyberpolice et le ministère des Renseignements doivent trouver l'origine de ces SMS, informer la population et la justice doit agir contre les responsables", a-t-il déclaré à l'agence Isna.

"La commission de la surveillance de la presse est responsable des médias et les autres organes n'ont pas à intervenir", a-t-il ajouté.

Certains journalistes ayant reçu le SMS ont affirmé sur les réseaux sociaux qu'ils allaient porter plainte.

Selon la loi, tout contact avec les médias en persan basés à l'étranger, notamment la BBC en persan ou la Voix de l'Amérique (VOA) est interdit.

En avril, la justice avait condamné quatre journalistes arrêtés en novembre 2015 à des peines de cinq à 10 ans de prison pour "collusion" avec des gouvernements étrangers et atteinte à "la sécurité nationale".

Ces journalistes, dont certains travaillaient pour des médias réformateurs, faisaient partie d'un groupe de personnes arrêtées par les Gardiens de la révolution, l'armée d'élite d'Iran, qui les accusaient d'être "membres d'un réseau d'infiltration lié à des gouvernements occidentaux hostiles" à la République islamique.

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