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02/07/2016 12:09 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

Haïti: la crise politique crée "l'impatience" de la communauté internationale (responsable ONU)

La situation politique en Haïti génère une "certaine impatience" au sein de la communauté internationale, a fait savoir samedi Hervé Ladsous, secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix des Nations Unies.

"On a perdu un an, le pays d'Haïti a perdu un an", a affirmé M. Ladsous lors d'une conférence de presse à Port-au-Prince, à l'issue d'une visite de trois jours. "Il y a urgence", a-t-il insisté.

Le pays a plongé davantage dans l'incertitude depuis l'expiration le 14 juin du mandat de son président provisoire. Après trois semaines de discussions, les parlementaires haïtiens ne sont toujours pas parvenus à un accord de sortie de crise.

Jocelerme Privert avait été élu président par le parlement le 14 février, pour un mandat de 120 jours, afin de combler la vacance du pouvoir héritée du départ sans successeur élu de l'ancien président Michel Martelly.

Haïti connait une crise politique profonde depuis le premier tour du scrutin présidentiel du 25 octobre dernier.

Les résultats avaient été largement contestés. Selon les conclusions de la commission d'évaluation électorale, le scrutin avait été émaillé de "fraudes massives".

Ce qui a conduit les autorités à annuler le vote et à reprendre à zéro le processus électoral. Les plus de 6 millions d'électeurs sont donc à nouveau appelés aux urnes les 9 octobre et 8 janvier prochains.

Selon le calendrier électoral, le nom du nouveau président d'Haïti sera connu le 30 janvier 2017.

D'ici là, et étant donné l'expiration du mandat présidentiel provisoire, les parlementaires doivent clarifier le flou institutionnel. Mais après plus de 15 heures de négociations houleuses mardi, la séance en Assemblée nationale a été ajournée sans décision.

"La communauté internationale n'a pas à se substituer à vous, la responsabilité est la vôtre. C'est à vous de trouver une formule pour dépasser le blocage actuel", a affirmé M. Ladsous, à l'intention des parlementaires, estimant que "cette situation est génératrice de tensions et donc de risques sur le plan sécuritaire".

Une mission de maintien de la paix de l'ONU (Minustah) est déployée en Haïti depuis 2004 et l'instabilité politique ralentit son processus de retrait. "L'évaluation stratégique prévue cet été se fera plus tard", a expliqué le diplomate onusien.

Le Conseil de sécurité devrait donc renouveler en octobre le mandat de la Minustah, composée actuellement de 2.366 militaires, 2.374 policiers et plus de 1.200 civils.

amb/elm