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02/07/2016 19:45 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

Deuil national après la prise d'otages meurtrière du Bangladesh

Le Bangladesh a entamé ce dimanche un deuil national de deux jours, à la mémoire des 20 personnes tuées par un commando lors d'une prise d'otages dans un restaurant de la capitale Dacca.

Plusieurs hommes armés se sont présentés au restaurant Holey Artisan, un endroit très fréquenté par les touristes, vendredi vers 21 h, heure locale, prenant une trentaine de personnes en otage. L'attaque aurait été revendiquée par le groupe armé État islamique (EI).

Les assaillants, qui étaient armés de fusils d'assaut et de grenades, ont échangé des tirs sporadiques avec la police à l'extérieur, quelques heures après le début de l'attaque. Deux policiers bangladais ont été abattus au cours de cette première intervention.

Les assaillants ont séquestré les occupants du restaurant pendant 12 heures avant que des militaires ne donnent l'assaut final.

Le général Naim Asraf Chowdhurya a indiqué que 13 otages avaient pu être libérés à la suite d'une intervention des forces armées bangladaises. Six assaillants ont été tués au cours de l'opération. Un septième a été capturé vivant par les autorités. Il serait présentement interrogé par la police.

Forcés de réciter le Coran

Selon un témoin, les assaillants auraient obligé leurs otages à réciter des versets du Coran sous peine d'être punis. Rezaul Karim, le père d'un des survivants de la prise d'otages, affirme que les attaquants cherchaient à « distinguer les vrais musulmans des faux ».

« Ceux qui étaient en mesure de réciter correctement les versets du Coran étaient épargnés et se faisaient offrir des repas. Les autres étaient torturés », a-t-il expliqué. Rezaul Karim et son fils Hasnat sont présentement interrogés par la police bangladaise dans le cadre de l'enquête.

Des ressortissants étrangers parmi les victimes

Les autorités bangladaises ont indiqué plus tôt samedi que la nationalité des victimes ne serait pas annoncée publiquement avant quelques heures, mais le ministère italien des Affaires étrangères les a devancées en annonçant qu'au moins neuf Italiens avaient perdu la vie au cours de la prise d'otages.

Selon des sources proches du dossier, la plupart des victimes seraient des ressortissants étrangers, principalement d'origine italienne ou japonaise. Les autorités américaines ont pour leur part indiqué qu'un citoyen américain faisait également partie des victimes.

Des attaques de plus en plus fréquentes

Les attaques attribuées à des groupes islamistes sont de plus en plus fréquentes au Bangladesh. Elles visent généralement les personnes athées et les personnes d'autres confessions religieuses que l'islam, dans ce pays à majorité musulmane. Alors que la majorité des attaques sont généralement désorganisées et conduites à la machette, celle de samedi semblait plus structurée et plus élaborée, selon des personnes interrogées. 

Les islamistes ont tué deux étrangers l'an dernier, ce qui a conduit plusieurs sociétés occidentales ayant des intérêts dans le secteur textile bangladais à cesser temporairement leurs visites à Dacca.

L'EI et Al-Qaïda ont chacun revendiqué des attaques au Bangladesh. Mais le gouvernement dément l'implication de groupes étrangers et montre du doigt deux groupes armés locaux, Ansar-al-Islam et Jamaat-ul-Mujahidine.