NOUVELLES
02/07/2016 11:58 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

Décès de l'ancien premier ministre français Michel Rocard

Michel Rocard, premier ministre de François Mitterrand de mai 1988 à mai 1991, auquel on doit notamment le revenu minimum d'insertion (RMI) et la contribution sociale généralisée (CSG), est mort samedi à l'âge de 85 ans.

François Hollande a rendu hommage à « un rêveur réaliste, un réformiste radical, animé par le mouvement des idées, le sort de la planète et de la destinée humaine ».

« Jusqu'à son dernier souffle, il a continué à avancer des idées et à proposer ses solutions. Jamais il n'exprimait une nostalgie ou un regret. Seul comptait l'avenir. Michel Rocard a réussi à être un homme d'État respecté, un intellectuel brillant et un militant fidèle à l'idéal pour lequel il avait très jeune décidé de consacrer sa vie », dit le chef de l'État dans un communiqué.

Manuel Valls rappelle quant à lui qu'il s'est engagé en politique « par et pour Michel Rocard ».

« Il a incarné la modernisation de la gauche et l'exigence de dire la vérité. Il était l'homme du ''parler-vrai''. Il restera un exemple de droiture, d'intelligence et d'ardeur. Il savait en même temps rêver le monde et tout faire pour le changer », a écrit le premier ministre.

Une présence reconnue au Québec

Michel Rocard était également reconnu pour son travail de l'autre côté de l'Atlantique, ayant contribué à renforcer les liens entre le Québec et la France. Il avait été fait officier de l'Ordre national du Québec en 2001. Sa dernière visite dans la province remonte à 2013, où il avait reçu un doctorat honoris causa de l'Université Laval.

L'ancienne ministre péquiste Louise Beaudoin s'est rappelé de l'implication de Michel Rocard dans la Belle Province. Mme Beaudoin connaissait Michel Rocard depuis 1975, avant même que le Parti québécois (PQ) prenne le pouvoir et que M. Rocard soit fait premier ministre. 

À l'époque relate-t-elle, le mouvement souverainiste s'affairait à chercher des appuis sur la scène internationale, particulièrement auprès des élites françaises. Selon l'ancienne ministre, M. Rocard se montrait assez intéressé par la politique québécoise et les ambitions du PQ.

Très rapidement, le politicien français s'est noué d'amitié avec les différentes figures de proue du mouvement souverainiste, dont René Lévesque et Jacques Parizeau. Il a d'ailleurs échangé des lettres avec ces derniers après leurs défaites lors des référendums de 1980 et 1995 pour leur témoigner son soutien.

Pour Louise Beaudoin, sa compréhension des enjeux politiques du Québec témoignait de son intelligence et de sa curiosité. « Michel Rocard était un intellectuel, qui réfléchissait la politique [...] Il disait toujours qu'avant de diriger une société, il fallait la comprendre. Et pour la comprendre, il fallait l'étudier, il fallait lire, réfléchir et prendre tout le temps. C'est quelque chose qu'il faisait pour la France et le Québec », conclut-elle.