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02/07/2016 14:07 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

Décès d'Elie Wiesel survivant de la Shoah et prix Nobel de la paix

Le prix Nobel de la paix et rescapé de la Shoah Elie Wiesel est mort samedi à l'âge de 87 ans, après avoir consacré sa vie à perpétuer la mémoire de l'Holocauste.

La disparition de ce célèbre écrivain juif américain a été annoncée à Jérusalem par le mémorial de l'Holocauste Yad Vashem.

Elie Wiesel, prix Nobel de la paix en 1986, "s'est éteint il y a plusieurs heures", a indiqué le porte-parole du mémorial Simmy Allen.

Selon le New York Times, il est décédé chez lui à Manhattan.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a dans un communiqué salué sa mémoire, estimant qu'il était un "rayon de lumière et un exemple d'humanité qui croit en la bonté de l'Homme".

"Elie, maître des mots, a exprimé par sa personnalité unique et ses livres fascinants la victoire de l'humanité sur la cruauté et le mal", ajoute le communiqué.

"L'Etat d'Israël et le peuple juif pleurent avec amertume la mort de Elie Wiesel", a dit M. Netanyahu.

"Durant les années sombres de l'Holocauste, au cours desquelles ont péri six millions de nos frères et soeurs, Elie Wiesel était un rayon de lumière et un exemple d'humanité (...)", a souligné M. Netanyahu à propos de celui qui a sillonné le monde pour perpétuer la mémoire de la Shoah.

Il était un "héros du peuple juif", a réagi le président israélien Reuven Rivlin, tandis que son homologue français Francois Hollande a salué "la mémoire d'un grand humaniste, inlassable défenseur de la paix".

Rescapé des camps de la mort nazis, Elie Wiesel a consacré sa vie à la mémoire de la Shoah et à la lutte contre l'indifférence, l'intolérance et l'injustice.

- 'L'oubli, une maladie collective' -

Pour lui, "l'oubli n'est pas une maladie individuelle mais collective". Pour "empêcher l'oubli" de la Shoah et favoriser la compréhension entre les peuples, ce "messager de l'humanité", comme l'a qualifié le comité Nobel, a créé la Fondation Elie Wiesel pour l'Humanité, avec son épouse, et l'Académie universelle des cultures.

Elie Wiesel a souvent dénoncé la responsabilité des dirigeants qui "savaient" le sort des juifs déportés, notamment Roosevelt et Churchill: en 1979, le président Carter lui avait montré les photos prises, fin 1942, par des avions militaires américains survolant Auschwitz.

Il s'est engagé pour de multiples causes car il avait "fait un voeu après la guerre: que toujours, partout où un être humain serait persécuté, je ne demeurerai pas silencieux".

Né le 30 septembre 1928 à Sighet, en Roumanie (alors Transylvanie) dans une famille pauvre mais heureuse, Elie Wiesel est déporté à 15 ans à Auschwitz-Birkenau où sa mère et sa plus jeune soeur sont assassinées. Son père meurt devant lui à Buchenwald où ils ont été transférés.

A sa sortie du camp, en 1945, il est recueilli en France par l'OSE (oeuvre juive de secours aux enfants) et y vit jusqu'à l'âge de 28 ans en 1956. Après des études de philosophie à la Sorbonne, il devient journaliste et écrivain.

François Mauriac préface son premier roman "La nuit" (1958) sur ses souvenirs d'enfant déporté, suivi d'une quinzaine d'autres (en français, en anglais, en hébreu et en yiddish), de trois pièces de théâtre et de nombreux essais.

Citoyen américain depuis 1963, Elie Wiesel a occupé longuement la chaire en Sciences Humaines de l'Université de Boston et partagé sa vie entre les Etats-Unis, la France et Israël.

Elie Wiesel qui, en 2006, avait refusé la présidence de l'Etat d'Israël, soulignant qu'il n'était "qu'un écrivain" a confirmé, six ans plus tard, un projet de livre avec le président américain Barack Obama.

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