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02/07/2016 06:22 EDT | Actualisé 03/07/2017 01:12 EDT

Canada - Belgique, regards croisés

Un journaliste de la RTBF à Radio-Canada. Un journaliste de Radio-Canada à la RTBF. L'un à Montréal. L'autre à Bruxelles. Pendant un mois, Baptiste Hupin et Thomas Gerbet changent de rédaction. Tout au long du mois de juillet, Baptiste et Thomas vous livrent ici le regard qu'ils portent sur les petites et les grandes choses qui font le quotidien de part et d'autre de l'Atlantique.

Épisode 1: Premier juillet, Fête du Canada: ça déménage à Montréal!

Baptiste Hupin, à Montréal.

Ô Canada! En ce premier juillet, les Canadiens célèbrent le « Canada Day ». Tout le pays commémore la signature de la Loi constitutionnelle de 1867. Cette loi définit les grandes lignes du Fédéralisme canadien actuel, basé sur les provinces.

Mais dans la fière province de Québec, le premier juillet ne semble pas déchainer de grands élans patriotiques. Les festivités officielles ont lieu à Ottawa, la capitale fédérale. En se promenant dans les rues de Montréal ce matin, on ne voit ni drapeau rouge à feuille d'érable, ni d'ailleurs de traces d'une quelconque fête, hormis dans le centre-ville où quelques touristes agitent des drapeaux en papier.

En revanche, pour un jour férié, la ville est prise d'une étrange frénésie. La radio en fait ses titres. Les camionnettes et pick-up de toute la province sont réquisitionnés. De nombreuses voitures trainent derrière elles des remorques pleines à craquer. Les trottoirs sont encombrés de meubles, de caisses, de frigidaires. Des Montréalais traversent les rues avec des matelas sur la tête. Le Québec est en transhumance.

Pour les Québécois, le premier juillet est d'abord synonyme de déménagement, avant d'être une manifestation d'appartenance nationale. Le premier juillet est effectivement une date de fin de bail fixée par la loi depuis les années septante. Un quart des déménagements québécois a lieu autour du premier juillet. Cela représente plus de 200 000 déménagements en quelques jours.

Certains voient dans cette « fête du déménagement » une façon québécoise de tourner le dos à la fête nationale. À moins qu'il ne s'agisse tout simplement de la meilleure manière d'éviter de déménager en plein hiver, par moins vingt degrés et sous la neige.

Épisode 1 : Premier juillet, Euro de foot. La Belgique affiche ses couleurs.

Thomas Gerbet, à Bruxelles

Salut Baptiste,

Pendant que tu cherchais les rares drapeaux canadiens dans les rues de Montréal pour la fête du 1er juillet, moi, j'ai croisé une déferlante de drapeaux belges. À Bruxelles, comme dans toute la Belgique, c'était du noir, jaune, rouge partout, partout, partout...

À l'occasion du quart de finale de l'Euro de foot contre le Pays de Galles, impossible de se promener dans une rue sans voir un drapeau belge à la fenêtre.

J'ai aussi découvert l'imagination sans limites des Belges pour afficher leurs couleurs. J'ai vu tout et n'importe quoi en noir, jaune et rouge : des chiens, des rétroviseurs, des cupcakes, un paquet de tomates cerises à l'épicerie... Un commerce de lingerie a même affiché des soutiens-gorges noir, jaune et rouge dans la vitrine. Plusieurs voitures étaient aussi coiffées de cornes rouges, symbole des Diables, le nom de l'équipe.

« C'est du jamais vu », m'a dit un Belge. « On n'est pas très nationalistes en temps normal », m'a expliqué pour sa part une Bruxelloise. Mais force est de constater que le foot provoque des effets inattendus.

Pour quelques jours, au diable les querelles politiques et les divisions linguistiques entre Flamands (néerlandophones) et Wallons (francophones). Trois mois après les attentats, ça faisait aussi plaisir de voir les Belges se rassembler sur des places publiques en pensant à autre chose qu'à la crainte du terrorisme.

Malheureusement, l'issue du match n'a pas été celle espérée. Les Diables rouges ont été éliminés. En fin de soirée, le maquillage noir, jaune, rouge avait coulé sur les joues, surtout à cause de la pluie, mais aussi un peu à cause des larmes.

À suivre.