NOUVELLES
01/07/2016 08:48 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Zone euro: l'incertitude liée au Brexit "va inévitablement" pénaliser la reprise (Coeuré, BCE)

Les nombreuses incertitudes entourant les suites de la victoire du Brexit au référendum britannique pénaliseront "inévitablement" la reprise économique en zone euro, a regretté Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, dans une interview publiée vendredi.

Le redémarrage économique de la région "pâtira inévitablement du +choc d'incertitude+ que crée le référendum britannique, même si cet impact est aujourd'hui difficile à quantifier", a déclaré M. Coeuré lors d'une interview au quotidien français Le Monde.

Une situation d'autant plus dommageable que "la reprise de l'activité en zone euro est bien là. Elle est saine car elle est tirée par la demande intérieure et l'investissement" et ce, même si "elle reste contrainte par des taux de chômage et d'endettement élevés", a estimé le banquier central.

La victoire du camp du Brexit au référendum britannique la semaine dernière a déjà eu un effet visible en provoquant de fortes turbulences, vendredi et lundi, sur les marchés financiers.

"Les banques centrales continueront à suivre ces évolutions de près et se tiennent prêtes à intervenir si la stabilité financière était menacée, par exemple en fournissant les liquidités nécessaires" aux banques de la région en euros et dans d'autres devises, a fait savoir M. Coeuré.

"L'urgence aujourd'hui est de clarifier le calendrier et la méthode, car une incertitude prolongée aurait un coût économique" à la fois pour le Royaume-Uni et pour l'Union européenne, poursuit le Français.

L'autre priorité, selon lui, est de "rétablir la confiance entre les pays européens", notamment en menant à bien diverses réformes structurelles, avant "d'aller plus loin dans l'intégration".

"Si chacun fait sa part du travail, la confiance entre les pays reviendra, et l'Europe pourra avancer à nouveau. Cela montre que la solution aux problèmes européens se trouve à Paris, à Berlin et à Rome autant qu'à Bruxelles et à Francfort", a pointé M. Coeuré.

Dans un discours prononcé dans la soirée à Munich (sud), le président de la Bundesbank allemande Jens Weidmann, également membre du conseil des gouverneurs de la BCE, a quant à lui estimé que la situation actuelle ne requérait pas de nouvelle intervention de la banque centrale.

"Je ne vois pas de nécessité d'un assouplissement supplémentaire de la politique monétaire en réaction au vote sur le Brexit", a déclaré M. Weidmann, opposant déclaré aux multiples mesures de soutien mises en oeuvre par la Banque centrale européenne ces dernières années pour soutenir l'activité et les prix.

"La politique monétaire est déjà très expansive et il faudrait se poser la question de savoir si une orientation encore plus expansive aurait vraiment un effet de stimulation", a poursuivi l'Allemand.

"La crise actuelle dans l'Union européenne est une crise politique et elle doit être réglée politiquement", a-t-il dit, selon le texte de son discours diffusé par la Bundesbank.

Face au risque de déflation et à la reprise atone en zone euro, la BCE a abaissé ses taux à leurs plus bas niveaux historiques, elle rachète tous les mois des dizaines de milliards d'euros de dettes sur les marchés et fournit des prêts très bon marché aux banques de la région à conditions que celles-ci octroient davantage de crédits au secteur privé.

La prochaine réunion de politique monétaire du conseil des gouverneurs de la BCE doit avoir lieu le 21 juillet.

bt/cfe/fjb