NOUVELLES
01/07/2016 05:31 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Une cour ordonne la reprise du second tour de la présidentielle d'Autriche

VIENNE — Le plus haut tribunal de l'Autriche a annulé, vendredi, les résultats de la présidentielle du pays et ordonné la reprise du scrutin à la suite d'allégations présentées par le candidat de l'extrême droite, qui a perdu de peu l'élection, selon lesquelles des irrégularités seraient survenues lors du dépouillement des bulletins de vote.

La décision, sans précédent dans l'histoire autrichienne d'après-guerre, a été annoncée par le juge en chef de la Cour constitutionnelle, Gerhart Holzinger. Elle représente une victoire pour le Parti de la liberté d'Autriche (FPÖ), qui avait remis en question l'issue du second tour de la présidentielle en mai, mais pourrait aussi avoir des conséquences pour d'autres pays européens.

Alors que le Royaume-Uni s'apprête à quitter l'Union européenne (UE), l'arrivée au pouvoir du FPÖ, une formation politique eurosceptique, pourrait en effet donner un élan à tous les mouvements semblables présents en France, aux Pays-Bas et dans d'autres nations européennes qui militent pour limiter l'autorité de l'UE ou carrément retirer leur pays de l'organisation.

Le candidat du FPÖ, Norbert Hofer, était en tête des sondages lorsque les bureaux de vote autrichiens ont fermé le 22 mai, mais les résultats après le décompte des votes des absents ont accordé la victoire au représentant du Parti vert, Alexander Van der Bellen, avec seulement 30 000 voix. Selon le score final, M. Van der Bellen avait recueilli 50,3 pour cent des voix contre 49,7 pour cent pour M. Hofer.

Le FPÖ a affirmé que la loi avait été enfreinte d'une manière ou d'une autre dans la plupart des 117 districts électoraux de l'Autriche, dont des cas où les bulletins de vote des absents avaient été triés avant l'arrivée des représentants de la commission électorale.

M. Holzinger a déclaré que le tribunal n'avait pas eu le choix d'exiger une reprise, soulignant que les irrégularités touchaient potentiellement 78 000 votes, soit plus du double de l'écart grâce auquel le candidat vert l'avait emporté.

Alexander Van der Bellen devait être assermenté plus tard en juillet. D'ici la reprise, la présidence sera assumée conjointement par trois présidents parlementaires, dont M. Hofer.

Le nouveau scrutin devrait avoir lieu en septembre ou octobre.