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01/07/2016 10:50 EDT | Actualisé 01/07/2016 10:50 EDT

Un jeu mobile pour aider la recherche sur l'alzheimer

Jouer et servir la science, c'est possible? Des scientifiques espèrent que oui et se servent du jeu mobile Sea Hero Quest pour comprendre le fonctionnement du cerveau et faire avancer la recherche sur la maladie d'Alzheimer.

Le jeu est simple : le joueur dont l'avatar se trouve dans un petit bateau doit naviguer dans un monde virtuel et contourner des obstacles à la recherche de points de repère.

Chaque décision prise par le joueur permet aux chercheurs d'évaluer le comportement du cerveau dans un environnement en trois dimensions. L'hippocampe, cette partie du cerveau qui joue un rôle central dans la mémoire, est particulièrement visé par l'étude.

La spécialiste de la mémoire qui participe au projet international, Véronique Bohbot, explique que plusieurs études ont noté une décroissance du volume de l'hippocampe chez les personnes qui vieillissent.

«Les gens qui ont [une plus grande] décroissance du volume de l'hippocampe sont plus à risque [d'avoir la] maladie d'Alzheimer.»

- Véronique Bohbot, chercheuse à l'Institut de santé mentale de l'hôpital Douglas

Analyser les types de mémoire

Le joueur doit se souvenir de certains éléments durant la partie et doit répondre à des questions sur sa façon de retrouver son chemin dans l'univers.

Toutes ces données permettent d'analyser si le joueur utilise une mémoire spatiale ou une mémoire de réponse par stimuli.

Véronique Bohbot explique que la façon de naviguer dans l'espace, pour retrouver son chemin vers sa maison par exemple, varie selon le type de mémoire utilisé.

Certaines personnes vont utiliser une mémoire spatiale, c'est-à-dire qu'ils vont se servir de points de repère associés entre eux pour être capables de créer une carte cognitive et se retrouver dans l'espace, dit Mme Bohbot.

« On est capable de faire un plan vu de haut, comme si on pouvait dessiner une carte », affirme-t-elle.

L'autre forme de mémoire comprend une série d'actions face à un stimulus. Les points de repère sont toujours utilisés, mais ils ne sont plus reliés entre eux. Par exemple, une personne va trouver son chemin en sachant qu'il faut tourner à gauche à la station d'essence, mais elle ne saura pas où est la station d'essence par rapport à sa maison.

«Nos données nous montrent que les gens qui relient les points de repère utilisent leur mémoire spatiale. Ces gens-là ont un volume de l'hippocampe plus grand que ceux qui utilisent la stratégie de mémoire par stimuli.»

- La chercheuse Véronique Bohbot

L'utilisation de la mémoire spatiale diminuerait donc les risques de développer la maladie d'Alzheimer.

Les outils qui permettent la localisation, comme les GPS, pourraient alors contribuer à nuire au développement de la mémoire spatiale, selon Véronique Bohbot.

Cependant, si une personne se sert de son GPS pour accroître sa connaissance de l'environnement et découvrir de nouveaux chemins, il peut lui permettre au contraire de développer ce type de mémoire.

Les scientifiques espèrent recueillir un nombre important de données grâce à ce modèle de recherche ludique. Ils ont calculé que si 100 000 personnes jouent pendant seulement 2 minutes, ils auront accumulé l'équivalent de plus de 50 ans de données.

Plus d'un million de personnes ont déjà téléchargé le jeu.

Toutes les données recueillies sont confidentielles. Les résultats permettront aussi de voir si les résultats diffèrent selon l'âge des joueurs, le nombre d'heures de sommeil ou encore les différences culturelles pour mieux comprendre le développement de cette maladie et anticiper éventuellement les risques de la développer.

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