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30/06/2016 20:07 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Trafic d'êtres humains: la Birmanie trouve "regrettable" son mauvais classement par Washington

La Birmanie, désormais dotée d'un gouvernement mené par la prix Nobel de la Paix Aung San Suu Kyi, a jugé vendredi "regrettable" son placement par Washington sur sa liste noire des pays ne combattant pas assez le trafic d'êtres humains.

"C'est regrettable que le rapport TIP du département d'Etat américain ait dégradé la Birmanie du niveau 2 au niveau 3, au moment même où le nouveau gouvernement civil renforce ses efforts pour protéger ses travailleurs immigrés et les victimes du trafic d'êtres humains et du travail forcé", dit un communiqué de la diplomatie birmane publié vendredi dans le journal officiel Global New Light of Myanmar.

Les Etats-Unis ont ajouté la Birmanie et sept autres nations à une liste noire de pays ne combattant pas assez le trafic d'êtres humains, selon ce rapport annuel publié jeudi.

"Nous espérons que des mesures peuvent être prises pour assurer que les restrictions associées au niveau 3 n'entraveront pas la coopération entre la Birmanie et les Etats-Unis", ajoute la diplomatie birmane, dirigée par Aung San Suu Kyi.

Depuis des législatives historiques en novembre 2015, raz-de-marée électoral pour le parti d'Aung San Suu Kyi, celle-ci a pu mettre en place un premier gouvernement civil, après des décennies de junte militaire.

Les Etats-Unis soulignent dans leur rapport les violations des droits de la minorité musulmane des Rohingyas. Les membres de la minorité "Rohingya sont particulièrement vulnérables à la traite sexuelle ou au trafic de main-d'oeuvre dans l'Etat Rakhine, y compris au travail forcé par les autorités", précise le rapport.

Les associations de droits de l'Homme ont salué le fait que la Birmanie ait été rétrogradée, considérant que le pays avait été injustement protégé l'an dernier pour des raisons politiques.

Mais elles déplorent que le rapport ne pointe pas davantage du doigt la Thaïlande voisine, où le secteur de la pêche est régulièrement accusé d'avoir recours au travail forcé.

La Thaïlande a été promue du "niveau 3" des pires pays en la matière au "niveau 2" des pays qui font des efforts pour combattre le trafic d'êtres humains mais restent sous surveillance. Une décision qui a suscité des critiques, alors que Bangkok est soumis à une junte militaire, depuis un coup d'Etat il y a deux ans.

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