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01/07/2016 18:00 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Tour de France - Le Mont-Saint-Michel pour lancer le feuilleton de l'été

Le Tour de France 2016, le grand feuilleton estival du cyclisme, entame samedi, à la mi-journée, la première des vingt-et-une étapes d'un parcours souvent spectaculaire à l'exemple de son point de départ des 3535 kilomètres, la célèbre abbaye normande du Mont-Saint-Michel.

Le tenant, le Britannique Chris Froome, le challenger, le Colombien Nairo Quintana, et l'ex-souverain, l'Espagnol Alberto Contador, sont les trois favoris, les trois "as" présents dans la Manche (ouest), département d'accueil de cette 103e édition.

A 12h15, ils sont appelés, avec les autres coureurs (198 concurrents au total), à se masser sur la ligne de départ installée au pied de la "merveille de l'Occident", joyau qui sera vu dans le monde entier puisque le Tour est devenu, par l'effet de la télévision, une formidable vitrine pour le tourisme français.

Peu après 17 heures, ce sont les sprinteurs, les Allemands Marcel Kittel et André Greipel, le Britannique Mark Cavendish, le Norvégien Alexander Kristoff, le Français Bryan Coquard, qui sont attendus à Utah Beach, terme des 188 kilomètres de la première étape en Normandie.

Du Mont-Saint-Michel, splendeur du Moyen-Age, au Mont Blanc, point de repère des quatre dernières étapes dans les Alpes, la plus grande course du monde espère vivre une grande édition. Cette année, la quasi-totalité des meilleurs coureurs mondiaux figure dans le peloton en route vers les Champs-Elysées, terme de l'aventure le 24 juillet.

- Froome en vainqueur sortant -

Vainqueur de deux des trois dernières éditions (2013 et 2015), Froome est privilégié à l'heure des pronostics.

Le Britannique dispose d'une forte équipe (Sky), probablement la plus forte sur le papier, avec des grimpeurs espagnols (Landa, Nieve), colombien (Henao) et néerlandais (Poels) en appui. Catalogué aussi rouleur, il est en droit de compter sur les contre-la-montre (54,5 km au total) pour conforter sa marge. S'il s'affirme une nouvelle fois dès le premier massif montagneux, les Pyrénées, abordées en fin de première semaine.

Mais rien n'est vraiment assuré dans ce Tour qui pourrait s'avérer tout autre. A l'image des contre-la-montre, un exercice qui ne rebute plus Quintana. Quant à Thibaut Pinot, le chef de file de la jeune et ambitieuse classe française (Bardet, Barguil), il en fait même désormais l'un de ses points forts.

Pour que la course ne soit pas dépendante à l'excès des arrivées au sommet, au nombre de quatre (Arcalis, Ventoux, Finhaut-Emosson, Saint-Gervais Mont Blanc), les organisateurs ont redonné de l'importance aux descentes. "Il faudra être un homme de la montagne, pas simplement un excellent grimpeur", prévient Christian Prudhomme, le directeur du Tour qui est aussi son grand architecte.

Pour exemple, la montée de Joux-Plane dans les Alpes, une ascension hors catégorie moins connue mais aussi rude que les cols légendaires, est suivie d'une descente piégeuse vers Morzine, à la veille de l'arrivée parisienne.

- Près du musée du Débarquement -

Le Tour, en prise avec l'époque, fait face à ses dangers (tricherie technologique, risque d'attentats, défi sécuritaire) et appel à sa modernité. Les caméras embarquées tendent à devenir une routine et, pour la première fois, un système de "tracking" installé sur les vélos devrait permettre d'obtenir des informations sur la vitesse instantanée, le positionnement ou encore le pourcentage de la pente.

Derrière les chiffres, qui se multiplient aujourd'hui à l'infini, les datas, ce sont des hommes qui pédalent. Avec leurs émotions, leur craintes, leurs espérances aussi.

Quintana, peut-être le meilleur grimpeur de tous, entend être le premier Colombien, et même Sud-Américain, au palmarès. Contador, qui n'a plus gagné le Tour depuis 2009, rêve encore au crépuscule de sa carrière. Quant aux autres candidats au podium (Aru, Porte, Van Garderen, Pinot, etc), un scénario couleur jaune leur revient sans doute en tête de temps à autre.

Pour tous, le danger se situe surtout dans les premières journées. "On craint tous la chute", reconnaît Pinot, soulagé toutefois que les premiers reliefs soient escaladés dès le cinquième jour, bien plus tôt que l'année passée. Mais, avant le Massif central, il faut surmonter les pièges de la plaine et commencer par rallier Utah Beach sans encombre.

L'arrivée, au bout d'une longue ligne droite de 500 mètres, est installée face à la Manche, tout près du musée qui commémore le "D-Day". Cette fois, c'est le Tour qui débarque près de la plage où les vagues d'assaut américaines prirent le dessus sur l'armée allemande le 6 juin 1944.

jm/sk/dar