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01/07/2016 19:14 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Prise d'otages à Dacca: les forces de sécurité lancent l'assaut

Les forces de sécurité ont lancé l'assaut samedi matin dans un restaurant de Dacca où une prise d'otages revendiquée par le groupe Etat islamique (EI) était en cours, a annoncé un responsable de la sécurité.

"L'opération a commencé. Les commandos ont lancé l'assaut dans le restaurant", a déclaré ce responsable.

Un photographe de l'AFP sur place a entendu d'importants échanges de tirs quand les forces de sécurité ont pris d'assaut le restaurant, plus de dix heures après le début de la prise d'otages.

Peu auparavant, des commandos lourdement armés de soldats de l'armée de terre et de la marine étaient arrivés sur les lieux pour mettre un terme à la prise d'otages.

"Il n'y a pas de volonté de négocier" chez les assaillants, déclarait alors l'ambassadeur italien à Dacca, Mario Palma, à la télévision italienne. "C'est une mission suicide".

Dans la soirée de vendredi, une dizaine d'individus armés ont attaqué le restaurant Holey Artisan Bakery de la capitale du Bangladesh, fréquenté par des diplomates et des expatriés, a-t-on appris auprès de la police et de témoins.

Les assaillants ont fait irruption dans l'établissement vers 21h20 (15h20 GMT) en criant "Allah Akbar" (Dieu est le plus grand), ouvrant le feu et faisant usage d'explosifs, d'après ces sources.

L'EI a rapidement revendiqué la fusillade et une prise d'"otages", a annoncé l'agence de presse Amaq, liée à l'organisation jihadiste. "Des commandos de l'Etat islamique attaquent un restaurant fréquenté par des étrangers dans la ville de Dacca, au Bangladesh", a affirmé Amaq dans un communiqué relayé sur les réseaux sociaux.

L'attaque a fait "plus de 20 morts de différentes nationalités", a affirmé Amaq, précisant que "les commandos ont pris des otages dans le restaurant Artisan".

Le responsable du restaurant Sumon Reza, qui a réussi à s'échapper en sautant du toit de l'établissement, a déclaré à un quotidien local que vingt étrangers étaient retenus en otages.

"J'étais sur le toit. Tout le bâtiment a tremblé lorsqu'ils ont déclenché des explosifs", a-t-il dit.

- 'Un moment horrible' -

Un cuisinier argentin du restaurant, Diego Rossini, qui a lui aussi réussi à s'enfuir, a évoqué "un moment horrible" sur une chaîne de télévision argentine, C5N. "Je ne sais pas bien combien de personnes ils ont tuées", a déclaré ce cuisinier à une autre chaîne argentine, Todo Noticias.

"Ca a été un massacre, ils sont entrés en tirant", avait-il raconté auparavant dans une brève communication avec un ami se trouvant à Buenos Aires avant que l'internet ne soit coupé.

Des clients ont réussi à s'échapper, mais la police a indiqué qu'un nombre non précisé étaient encore retenus à l'intérieur de l'établissement plusieurs heures après l'assaut.

Près de 40 personnes, pour moitié des étrangers, restaient bloquées à l'intérieur de l'établissement, ont affirmé certaines d'entre elles, qui ont pu joindre des proches par téléphone, a relaté la télévision privée Ekattur TV.

Un homme, "très nerveux", a supplié la police de "ne pas donner l'assaut, disant que dans ce cas les assaillants les tueront", a rapporté son neveu.

A Washington, la Maison Blanche a indiqué que le président Barack Obama suivait la situation.

Un responsable officiel bangladeshi, qui a requis l'anonymat, a confirmé à l'AFP que plusieurs personnes, dont un ressortissant italien, étaient retenues dans le restaurant tard dans la soirée.

L'ambassadeur Mario Palma a parlé, lui, de sept ressortissants italiens figurant parmi les otages.

L'ambassadrice de France Sophie Aubert a déclaré à l'AFP que ce restaurant était "très populaire" parmi les diplomates et autres étrangers à Dacca.

Des policiers et des gardes lourdement armés ont bouclé le quartier dès que la fusillade a éclaté. La police a confirmé que deux de ses hommes avaient été tués et près de 20 autres blessés.

- Vague de meurtres -

Le Bangladesh est frappé par une vague de meurtres de défenseurs de la laïcité, d'intellectuels et de membres de minorités religieuses, imputés à des groupes jihadistes, qui a fait plus de 50 morts en trois ans.

Le gouvernement en attribue la responsabilité à la principale formation de l'opposition, le Bangladesh Nationalist Party (BNP), et à ses alliés islamistes.

Les autorités ont lancé le mois dernier à travers le pays une série d'opérations contre les groupes jihadistes locaux au cours de laquelle plus de 11.000 personnes ont été arrêtées.

Mais des groupes de défense des droits de l'Homme estiment que ces arrestations étaient souvent arbitraires ou qu'elles visaient en réalité à réduire au silence des opposants politiques.

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