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01/07/2016 02:12 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Première rencontre entre chefs de la diplomatie russe et turque pour "normaliser" les relations

Les chefs de la diplomatie russe et turque, Sergueï Lavrov et Mevlut Cavusoglu, se sont rencontrés vendredi en Russie pour la première fois depuis la reprise du dialogue initiée par Ankara après des mois de grave crise diplomatique entre les deux pays.

"Nous espérons que cette rencontre va donner le ton juste pour la normalisation de nos relations", a déclaré M. Lavrov, cité par les agences de presse russes, au début de l'entretien entre les deux hommes qui se déroule à Sotchi (sud), en marge de l'Assemblée générale de l'Organisation de coopération économique de la mer Noire (OCEMN).

"Nos présidents respectifs ont discuté au téléphone. C'était très constructif et ils nous ont chargés de faire suite à cette conversation pour normaliser les relations et les faire parvenir à un niveau adéquat", a pour sa part affirmé M. Cavusoglu.

Vladimir Poutine et son homologue turc Recep Tayyip Erdogan se sont parlé mercredi pour la première fois au téléphone depuis le début de leur brouille, provoquée par la destruction fin novembre d'un bombardier russe abattu par des F-16 turcs au-dessus de la frontière avec la Syrie, et ont décidé d'une prochaine rencontre.

Cet entretien téléphonique, au terme de mois de critiques et d'invectives violentes, est intervenu après que le dirigeant turc a envoyé une lettre d'excuses à Vladimir Poutine.

Le chef de l'Etat russe a immédiatement, dans un premier signe de détente, ordonné la levée des sanctions contre la Turquie dans le domaine touristique et la "normalisation" des relations commerciales avec Ankara.

Le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov, a de son côté affirmé que l'entretien entre les chefs de la diplomatie des deux pays doit précéder une rencontre entre les dirigeants des deux pays en marge du sommet du G20 début septembre en Chine, ou même avant.

Après le crash de l'avion russe abattu par la Turquie et la mort d'un des deux pilotes, Moscou avait adopté des mesures de rétorsion contre Ankara, qui comprenaient entre autres un embargo sur l'importation de fruits et légumes turcs et l'interdiction pour les employeurs russes d'embaucher des travailleurs turcs.

La Russie avait également rétabli à partir du 1er janvier 2016 les visas pour les Turcs, interdit des vols charter vers la Turquie et la vente des voyages vers ce pays par les tour-opérateurs russes, portant un coup dur au secteur du tourisme turc.

Le soutien apporté par Moscou au président syrien Bachar al-Assad, dont Ankara encourage de son côté activement la chute en soutenant des groupes rebelles, avait tendu les liens entre la Russie et la Turquie avant même le crash du bombardier russe.

M. Poutine a officiellement réautorisé jeudi la vente de voyages vers la Turquie par les tour-opérateurs russes, dont les pertes en raison de cette interdiction vers l'une des destinations privilégiées des touristes russes ont été estimées à des centaines de milliers d'euros par des experts.

pop/kat/at