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01/07/2016 00:27 EDT | Actualisé 01/07/2017 01:12 EDT

Malgré le Brexit, l'Ukraine "sera dans dix ans dans l'UE" (Premier ministre)

Le Premier ministre ukrainien, le pro-occidental Volodymyr Groïsman, s'est dit vendredi "convaincu" dans un entretien avec plusieurs journaux allemands que son pays serait dans l'Union européenne "dans dix ans", alors que le processus d'élargissement de l'UE apparaît grippé après le Brexit.

"Je suis convaincu que l'Ukraine sera dans l'UE dans dix ans", a déclaré aux journaux du groupe Funke Mediengruppe M. Groïsman, un fidèle du président ukrainien Petro Porochenko.

"Nous suivons un chemin européen et il signifie pour nous : liberté, droits de l'Homme et une économie forte", a-t-il ajouté, alors que la victoire des pro-Brexit a mis un coup d'arrêt à 60 ans de construction européenne, beaucoup de voix réclamant désormais un arrêt du processus d'élargissement.

M. Groïsman dit "regretter" la décision des Britanniques de sortir de l'UE.

Volodymyr Groïsman a été nommé à la tête du gouvernement ukrainien en avril, en remplacement d'Arseni Iatseniouk, critiqué pour la lenteur des réformes et des scandales de corruption.

L'Ukraine, qui jouit d'un accord d'association avec l'UE depuis 2014, doit "harmoniser (ses) standards avec ceux de l'UE", a encore souligné M. Groïsman, qui avait promis lors de son investiture d'"accélérer les réformes européennes" et de ne montrer "aucune tolérance à l'égard de la corruption", qui mine encore le pays.

"Beaucoup de choses se sont passées, précisément dans la lutte contre la corruption", a-t-il insisté auprès des journaux allemands, alors que le pays a adopté début juin une réforme du système judiciaire visant à le rendre plus conforme aux pratiques occidentales.

Ces réformes sont jugées vitales pour la reprise d'un programme d'aide financière internationale qui permettrait à l'économie ukrainienne, en proie à une grave crise, de se maintenir à flot.

L'Ukraine est confrontée à un conflit meurtrier dans l'Est du pays qui a fait plus de 9.400 morts et 1,5 million de déplacés depuis son déclenchement en avril 2014.

Kiev et les Occidentaux accusent la Russie de soutenir militairement les séparatistes prorusses, ce que Moscou dément. Malgré l'instauration de plusieurs trêves, des affrontements meurtriers ont régulièrement lieu le long de la ligne de front.

dsa/alf/at