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01/07/2016 02:08 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Les Hongkongais inquiets marquent l'anniversaire de la rétrocession à Pékin

Les manifestants prodémocratie ont commencé vendredi à défiler à l'occasion de l'anniversaire de la rétrocession du territoire à la Chine, avec pour toile de fond l'angoisse que Pékin ne soit en train d'y durcir son contrôle.

Pour la première fois, des groupes indépendantistes marqueront la rétrocession de l'ancienne colonie britannique à la Chine en 1997, dans un rassemblement séparé.

Les tensions sont élevées à Hong Kong après les révélations explosives d'un libraire hongkongais "disparu" sur son arrestation et sa détention en Chine.

Lam Wing-kee, 61 ans, s'était volatilisé avec quatre autres employés d'une maison d'édition hongkongaise spécialisée dans les titres salaces et les intrigues politiques au sommet du pouvoir en Chine.

Cette affaire a semé l'effroi à Hong Kong, où de nombreux habitants redoutent un durcissement de la mainmise de Pékin.

Aux termes de l'accord sino-britannique sur la rétrocession, Hong Kong jouit de libertés inconnues ailleurs en Chine continentale, en vertu du principe "Un pays, deux systèmes", en théorie jusqu'en 2047.

Le cas de Lam "est un message très clair adressé au monde: la Chine a déjà détruit le principe +un pays, deux systèmes+", a déclaré Edward Leung, chef des Indigènes de Hong Kong, groupe indépendantiste né en 2015.

La mouvance dite "localiste", surgie sur les cendres du mouvement prodémocratie de l'automne 2014, prône l'autonomie, voire l'indépendance par rapport à Pékin.

Si la manifestation principale dans l'après-midi, pour laquelle les organisateurs attendaient 100.000 participants, promet d'être pacifiste, le rassemblement des localistes en soirée pourrait l'être moins.

Les participants ont annoncé qu'ils porteraient des masques tandis que la police a averti qu'elle prendra "des mesures résolues et efficaces contre les agissements illégaux". Dans un premier temps, on voyaient également dans les rangs des manifestants des parapluies jaunes, symboles du mouvement pro-démocratie de la fin 2014.

Au Nouvel An chinois, les "localistes" s'étaient heurtés avec la police lorsque qu'une manifestation de soutien à des vendeurs de rue avait dégénéré.

En juillet 2015, quelques 48.000 personnes étaient descendues dans la rue, le chiffre le plus bas depuis 2008, en raison de la lassitude des militants prodémocratie face à leur échec.

En 2014, des dizaines de milliers de militants avaient battu le pavé sans arracher la moindre concession à Pékin sur leur exigences de véritable suffrage universel pour la prochaine élection du chef de l'exécutif hongkongais en 2017.

Les Hongkongais "sont en colère par rapport au gouvernement actuel", a dit Jackie Hung, du Front des droits civils.

Les manifestants vont également demander la démission du chef du gouvernement hongkongais, Leung Chun-ying, qui a récemment laissé entendre qu'il pourrait briguer un second mandat en 2017. Comme son gouvernement, il est considéré comme la marionnette de Pékin.

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