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01/07/2016 08:35 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Les 3 p'tits cochons 2... Vraiment si cochons que ça?

Le second film, tout comme le premier, a été écrit par les deux mêmes scénaristes : Pierre Lamothe et Claude Lalonde. Il est cependant réalisé par Jean-François Pouliot et non par Patrick Huard.

Une chronique de Franco Nuovo

L'un étant la suite de l'autre, il ne restait qu'à couler une histoire à peine modifiée dans un moule préfabriqué. Cependant, dans cette comédie romantique plus réussie somme toute que la première, des choses ont changé.

Julie Perreaut qui incarnait la compagne-flic de Christian (Guillaume Lemay-Thivierge), l'obsédé de porno, a disparu. La seule trace qui reste d'elle tient dans un coquard que celui-ci arbore honteusement.

Autre figure qui s'est aussi volatilisée, celle de Mathieu, d'abord interprété par Claude Legault qui cède ici sa place à Patrice Robitaille.

La maman comateuse jouée par France Castel est de toute évidence morte. Il faut dire que passer des jours de tournage étendue sur un lit en clignant à peine des yeux une fois de temps en temps, ça finit par être lassant et ça épuise. Alors on l'a remplacée par une photo. Moins de soucis pour diriger.

Dominique (Sophie Prégent) et Geneviève (Isabel Richer) sont toujours fidèles au poste, même que leurs rôles sont plus importants dans ce film-ci que dans le précédent. Quant à Lemay-Thivierge et à Paul Doucet, toujours aussi remarquable, ils répondent présents à l'appel.

Bon, voilà pour la toile de fond. Quant à l'intrigue qui s'installe neuf ans plus tard, elle tourne toujours et encore autour de la sexualité débordante de nos trois garçons devenus des hommes.

Rémi (Paul Doucet) se fait pratiquement « pogner » les culottes baissées avec une beauté de Shanghai. Il n'en faut guère davantage pour que Dominique, l'épouse plutôt hot de ce millionnaire à la sexualité obscure, le foute à la porte.

Même chose pour le paumé de service, Christian, qui débarque chez Dominique avec sa tablette bloquée sur YouPorn. Il en fait grand usage dans un va-et-vient ridicule pour calmer ses douces obsessions. Or, sans qu'il ne s'en sépare, l'iPad perd de l'intérêt au profit de sa belle-sœur qu'il observe avec concupiscence pendant qu'elle prend sa douche. Et ce qui devait arriver arriva. Le jeune pépère pervers et la femme aux charmes qu'elle croyait envolés se mettent et se remettent. Plus qu'énamourés, ils tripent cul.

Mathieu, lui, n'en mène pas large. Sa tête explose de fantasmes même à la suite d'un accident qui ne règle en rien ses problèmes érectiles. Seule Ginette, l'infirmière peu aguichante qui le lave et le frotte, parvient à ressusciter, en soufflant dans son pipeau, l'animal heureux qu'il n'était plus depuis longtemps. Évidemment, la femme de Mathieu découvre le stratagème et ne tarde pas à mettre fin à la symphonie pastorale.

Et ce Rémi, prospère, riche comme Crésus, brillant, faiseur de leçons et homosexuel non assumé, est terrorisé à la simple idée de sortir du placard dans lequel il s'est lui-même enfermé. Il ne se rend même pas compte que tous autour de lui le savent, y compris ses deux frères qui, à la fin de la dernière aventure, l'ont surpris un jour de tempête en train d'embrasser le voisin. Ces derniers sont au courant de son orientation depuis. C'est comme ça, en combattant des démons qui n'en sont pas et surtout parce que contre l'amour on ne peut rien faire, c'est pour ça, dis-je, que cet amour, il le rencontre sous les traits d'un jeune homme de qui il tombe éperdument amoureux.

Voilà en gros le tableau de cette comédie légère, trop légère pour certains, mais que j'ai pris plaisir à regarder parce qu'elle révèle les travers de l'humain, ses faiblesses, ses contradictions, ses obsessions.

Ce n'est pas Woody Allen, mais l'autre jour à notre radio, j'entendais une chroniqueuse et un animateur juger de haut un volet de notre cinéma populaire qui a sa place sur les écrans et qui ne méritait guère un tel jugement. Ne serait-ce que pour la qualité du jeu. Ne serait-ce que pour l'audace de traiter, un sourire au coin des lèvres, de l'infidélité et de la monogamie. Parce que c'est bien de ça qu'il est question. Je ne dis pas que c'est un grand film. Je dis que c'est un film dans lequel il y a un peu de vous, d'eux, de moi, de nous.

Une question en terminant : pendant le générique, le film se conclue sur un questionnement des trois frères à propos de la pansexualité. Une scène hilarante. Une profusion de questions. Peu de réponses.

Bordel, quelqu'un me dira-t-il à la lecture de cette chronique ce qu'est la pansexualité? Bon, j'ai compris que ce n'était pas l'hétérosexualité, ni l'homosexualité, ni la transsexualité, ni rien de tout ça. C'est quoi alors? Les simplistes diront que c'est la sexualité indépendamment du sexe ou du genre. Que c'est l'amour de l'être pour ce qu'il est. Est-ce que ça veut dire que si je m'éprends de ma chèvre, je suis pansexuel? Non, ça, ce serait plutôt être tordu. Na-na-nère.