NOUVELLES
01/07/2016 01:42 EDT | Actualisé 01/07/2016 01:42 EDT

Le quartet demande à Israël de cesser la colonisation

MAHMUD HAMS via Getty Images
A Palestinian man carrying a child walks past buildings destroyed during the 50-day war between Israel and Hamas-led militants in the summer of 2014, on April 30, 2016, in Gaza City.Reconstruction aid to over 1,000 families in Gaza has been suspended due to a lack of materials, the United Nations said on April 28, after Israel banned the private import of cement over corruption claims. / AFP / MAHMUD HAMS (Photo credit should read MAHMUD HAMS/AFP/Getty Images)

Israël doit cesser de construire des colonies, d'entraver le développement palestinien et de réserver à son usage exclusif des terres que les Palestiniens revendiquent pour leur futur État, recommande le quartet sur le Proche-Orient dans un rapport publié vendredi.

Le document élaboré par les quatre pays ou organisations qui forment le quartet - États-Unis, Russie, Union européenne et Nations unies -, estime que l'actuelle politique israélienne « mine la viabilité de la solution à deux États ».

« Cela soulève des questions légitimes sur les intentions à long terme d'Israël qui sont aggravées par les déclarations de certains ministres israéliens selon lesquels un État palestinien ne devrait jamais exister », peut-on lire.

Lors de la campagne des législatives de mars 2015, le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait déclaré qu'un État palestinien ne verrait jamais le jour tant qu'il

serait au pouvoir, avant de revenir sur ses propos au lendemain de sa réélection et de réaffirmer son engagement en faveur d'une solution à deux États.

L'envoyé spécial des Nations unies sur le Proche-Orient, Nickolaï Mladenov, a présenté les grandes lignes du rapport jeudi au Conseil de sécurité et le texte a été approuvé par les membres du quartet.

Les diplomates relèvent que le document a d'autant plus de poids qu'il est approuvé par les États-Unis, premier allié d'Israël, qui ont tenté en vain de relancer les pourparlers de paix israélo-palestiniens, gelés depuis avril 2014, dans un climat de défiance entre Barack Obama et Benjamin Netanyahu.

Solutions à deux États

Selon le rapport, Israël a réservé à son usage exclusif environ 70 % de la zone C, qui représente 60 % du territoire de la Cisjordanie occupée et comprend une majorité de terres agricoles, de ressources et de réserves naturelles.

« Le transfert de pouvoirs et de responsabilités à l'autorité civile palestinienne dans la zone C, envisagé par les engagements pris au terme de précédents accords, a de fait été interrompu et dans certains cas inversé et devrait être repris pour faire avancer la solution à deux États et empêcher qu'une réalité à un État ne s'installe », affirme encore le rapport.

Le quartet estime qu'au moins 570 000 Israéliens vivent dans les colonies. Les Nations unies et la plupart des pays considèrent ces implantations comme illégales.

Le document relève qu'un seul permis de construction au bénéfice de Palestiniens en zone C a été apparemment approuvé en 2014, et aucun en 2015.

Le rapport dénonce parallèlement les violences palestiniennes contre les Israéliens.

« L'Autorité palestinienne doit agir de manière décisive et prendre toutes les mesures pour faire cesser l'incitation à la violence et renforcer les efforts en cours pour lutter contre le terrorisme, notamment en condamnant clairement tous les actes de terrorisme », souligne-t-il.

Devant le Conseil de sécurité, Nickolaï Mladenov a estimé que le rapport fixait un « ensemble raisonnable de mesures » à prendre pour remettre Israël et les Palestiniens sur le chemin de la paix.

Le document conclut que la poursuite des violences, l'expansion des colonies et l'absence de contrôle de l'Autorité palestinienne sur la bande de Gaza, contrôlée par le Hamas depuis 2007, « sapent gravement les espoirs de paix ».

Le quartet estime enfin que des mesures urgentes doivent être prises afin « d'empêcher la cristallisation de la réalité d'un seul État par l'occupation permanente et le conflit ».