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01/07/2016 02:46 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Italie - Balotelli: Super Mario cale

Maillot enlevé, visage fermé, muscles bandés et poings serrés: en demi-finale de l'Euro-2012, Mario Balotelli vient d'envoyer l'Allemagne par le fond avec un extraordinaire doublé. Mais à l'heure de la revanche quatre ans plus tard, l'attaquant italien est porté disparu.

"Super Mario" est devenu très ordinaire. A Varsovie en 2012, il avait tétanisé Manuel Neuer avec deux buts magnifiques: un coup de tête et un autre de canon, cette frappe ultra-violente de 25 mètres qu'il célébrait avec une pose de statue antique qui allait faire le tour du monde.

L'affaire était alors entendue, l'Italie s'était trouvé un avant-centre pour 10 ans et le monde du football avait une nouvelle star.

Mais samedi à Bordeaux, Balotelli ne sera pas là pour défier à nouveau l'Allemagne. Pellè et Eder seront titulaires, Zaza et Immobile s'installeront sur le banc et lui regardera depuis son canapé ces joueurs naturellement bien moins doués que lui.

Il n'est même pas blessé, pourtant. Simplement, le sélectionneur Antonio Conte, qui aime le travail, l'humilité, l'efficacité et la discipline, n'a pas envisagé une seule seconde de l'emmener à l'Euro.

Car en quatre ans, Balotelli n'a non seulement pas progressé, mais il a même régressé. Scruté sur et en dehors du terrain, où ses frasques ont longtemps fait plus de bruit que ses buts, il est devenu un attaquant quelconque en perdant sa spontanéité.

Encore présent au Mondial-2014 avec la Nazionale (un but), il a depuis totalement disparu des radars avec deux épouvantables saisons à Liverpool puis à l'AC Milan: sept buts en 51 matches.

La saison dernière à Milan, "Super Mario" n'a jamais trouvé sa place ni ses sensations, quelques blessures venant encore compliquer les choses. Et il a fini sa saison avec l'invraisemblable bilan de trois buts toutes compétitions confondues, deux penalties et un coup franc.

- les clés de Milanello -

L'histoire est assez mystérieuse car dans le même temps, le jeune et incontrôlable Balotelli, celui qui mettait le feu à sa salle de bains en y tirant des feux d'artifice, semble assagi.

Heureux avec sa fille Pia, il n'a plus alimenté depuis longtemps la liste des "Balotellate", ces folies qui régalaient les journaux anglais ou italiens.

On trouve bien encore quelques rumeurs d'altercations de sorties de discothèques mais Balotelli les a toutes démenties et la vitesse à laquelle ces histoires se sont éteintes laisse penser qu'il disait la vérité.

"Il est très ponctuel. C'est lui qui allume les lumières à Milanello et je songe à lui donner les clés", racontait en début de saison le vice-président du Milan Adriano Galliani.

Le trait est un peu forcé mais il montre que Balotelli fait des efforts. Un peu plus tard dans la saison, c'est le grand Roberto Baggio qui a déclaré: "j'aimerais lui apprendre le foot". Balotelli aurait pu se vexer, mais il a choisi de rencontrer le Ballon d'Or 1993.

"Mario est un joueur à qui tout le monde veut donner des conseils parce qu'on lui voit des qualités dont peu d'autres joueurs disposent", a de son côté déclaré en décembre Cesare Prandelli, sélectionneur de l'Italie en 2012.

"Potentiellement, il est l'un des cinq meilleurs du monde. Mais peut-être que pour lui, le foot n'est pas une priorité", a-t-il ajouté.

Sur le terrain ou en dehors, Balotelli ne fait plus parler de lui nulle part. L'AC Milan ne l'a pas conservé et il appartient toujours à Liverpool. Les rumeurs l'envoient à Besiktas ou en Chine. Pour ceux qui un soir d'été à Varsovie l'ont vu expédier ce missile sous la barre de Neuer, cela n'a pas de sens.

stt/jcp