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01/07/2016 06:16 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Pologne: Lewandowski à temps partiel

Où était passé le meilleur buteur (13 buts) et la meilleure attaque (33 buts) des qualifications? Ironie du sort, la Pologne a été éliminée le jour où sa vedette, Robert Lewandowski, a enfin marqué dans le tournoi. A son image, elle peut mieux faire.

"Lewa" n'a pas à proprement parler manqué son Euro. Il a joué pour l'équipe, marqué une fois, au dernier match, mais il n'a pas donné tout ce qu'on pouvait attendre du buteur vedette du Bayern Munich.

"Ça fait mal ce soir, et ça va faire mal pendant longtemps", a-t-il lancé après l'élimination en quarts de finale contre le Portugal (1-1, 5 t.a.b. à 3).

Mais les "Bialo Czerwony" (Blanc et Rouge) peuvent nourrir des regrets. A l'image de leur buteur ils ont semblé ne jouer que par à-coups, appuyant sur quelques temps forts avant de ralentir nettement, comme sur cette curieuse passe à dix dans le temps additionnel de la première période.

"On est amer, on aurait pu faire les choses un peu mieux", a reconnu Lewandowski.

En bon capitaine, il a défendu le malheureux Jakub Blaszczykowski, le seul à avoir manqué son tir au but: "On a perdu en équipe et pas seulement un joueur".

- Un seul but, comme en 2012 -

Il a aussi noté le progrès collectif, puisque la Pologne est sortie pour la première fois des poules d'un Euro, et qu'elle n'a pas perdu un match en France, battue seulement "à la loterie".

"Je suis content de ce que l'on a réalisé et de la façon dont on a joué dans cet Euro", a souligné le joueur. Mais d'un point de vue personnel, Lewandowski n'a pas statistiquement progressé: un but à l'Euro-2012, où la Pologne, pays organisateur, n'avait pas franchi le premier tour, un but en 2016 alors qu'il est entretemps devenu une star mondiale.

Le sélectionneur Adam Nawalka l'a défendu à chaque conférence de presse, avant comme après les matches.

Lewandowski "abat un travail fantastique" et "a une grande influence sur notre façon de jouer", disait le sélectionneur, le qualifiant de "super-pouvoir de l'équipe". Il n'a eu de cesse d'annoncer qu'il finirait par marquer, ce qui est arrivé dès la deuxième minute contre le Portugal, mais n'a pas suffi.

La star a aussi réussi ses deux tirs au but, contre la Suisse en 8e (1-1, 5 t.a.b. à 4) comme contre le Portugal, positionné à chaque fois en premier frappeur, le rôle du patron, pour bien amorcer la série.

- "Le début d'une aventure" -

Son entente avec l'autre attaquant, Arkadiusz Milik, a également laissé entrevoir de belles promesses, mais contre le Portugal ils ont eu plus de mal à se trouver.

Sur les cendres encore chaudes, toute l'équipe de Pologne veut retenir "le côté positif" du tournoi, comme dit le défenseur Kamil Glik.

Le milieu Grzegorz Krychowiak voit "une équipe jeune, toujours en progression": "Ce n'est pas comme si un cycle s'arrêtait, c'est tout le contraire".

"Il faut rester optimiste. On n'a pas perdu un seul match", enchaîne Nawalka. "C'était une première étape, un palier à franchir. C'est le début d'une aventure."

Lewandowski n'a que 27 ans, et même lui dispose d'une marge de progression. "On a beaucoup de potentiel dans cette équipe, promet-il. On peut s'améliorer en qualifications" du Mondial-2018.

Forte de son nouveau statut, la Pologne est favorite du groupe E, devant la Roumanie, le Danemark, le Monténégro, l'Arménie et le Kazakhstan, où le quart de finaliste de l'Euro entame le 4 septembre la longue route vers la Russie. Aucune de ces équipes n'a un buteur de la trempe de Lewandowski.

eba/pr/adc