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01/07/2016 02:26 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Italie: Barzagli, la vie commence à 30 ans

Vendange tardive. Andrea Barzagli s'est longtemps contenté d'un rôle d'honnête arrière central avant d'exploser à 30 ans et d'intégrer les meilleures défenses du monde, celles de la "Nazionale" et de la Juventus.

"Après une carrière moyenne-bonne jusqu'à 30 ans, me retrouver à la Juventus et en Nazionale m'a donné envie de m'améliorer", raconte "Barzaglione", surnom rendant hommage à son tempérament, jouant sur le mot lion.

"Après le premier titre gagné avec la Juve (2012), j'ai passé un été comme jamais, à penser sans cesse à préparer la saison suivante pour gagner encore", poursuit le Toscan, né à Fiesole, près de Florence, et grand tifoso de la Fiorentina.

Barzagli découvre à 32 ans "le plaisir de pouvoir gagner". A la Juve et en Nazionale, "j'ai beaucoup progressé, surtout psychologiquement, tactiquement aussi, dans le marquage".

"J'ai muri, peut-être avant n'étais-je pas prêt", soupèse-t-il.

Il exagère un peu, il est tout de même champion du monde 2006. Il était le quatrième central mais Alessandro Nesta s'est blessé, et Marco Materazzi était suspendu pour le quart de finale contre l'Ukraine, que Barzagli a disputé et gagné (3-0). Il détient donc un vrai bout de Coupe du monde.

- Merci Magath -

Barzagli a aussi trois ans plus tard remporté le titre de champion d'Allemagne à la surprise générale avec Wolfsburg, avec son coéquipier italien Cristian Zaccardo.

Mais hormis ces deux vrais coups d'éclat, le N.15 de l'Italie a plutôt vivoté sur son talent, démarrant doucement dans de petits clubs italiens, Ascoli ou Plaisance, puis un bon passage à Palerme (2004-2008).

Il a connu un déclic avec le martial coach de Wolfsburg. "Felix Magath est l'entraîneur qui m'a forgé un nouveau mental, raconte Barzagli. Il y a sûrement des défenseur plus forts que moi, mais dans certains domaines tels que la concentration et la préparation physique, j'étais parmi les meilleurs de Bundesliga, et puis j'ai appris à bien me connaître".

Pourtant il continue de faire le modeste quand on lui dit en conférence de presse qu'il est le meilleur italien du tournoi.

"Non, je ne crois vraiment pas, et même si c'était le cas ce n'est pas une chose qui me conditionne, je fais mon métier de défenseur", répond Barzagli.

Toujours sur le même thème, il écarte le compliment de son coéquipier espagnol Alvaro Morata assurant, avant le 8e de finale gagné par l'Italie (2-0), que "Barzaglione" est "le meilleur défenseur du monde".

- "Les meilleurs, ce sont les autres" -

"Je ne tombe pas dans ce piège", avait botté le Toscan, dans un sourire. Pour lui, "les meilleurs défenseurs, ce sont les autres, moi j'essaie juste de rester concentré. Je ne me compare pas à Ramos, Piqué, Boateng, Hummels... Ils sont bien plus forts que moi, mais je donne le maximum."

Il souligne à son tour que si la fameuse défense à trois formée avec Leonardo Bonucci et Giorgio Chiellini "est reconnue, c'est parce que nous nous aidons entre nous, d'autres défenseurs sont plus forts individuellement mais s'aident peut-être moins entre eux".

"De toutes façons la défense qui gagne est la meilleure, celle qui ne gagne pas rentre à la maison", tranche-t-il, sortant à peu près la même phrase que Chiellini, c'est beau la complémentarité.

"A 35 ans, on juge la prestation en regardant l'âge. Si tu joues bien tu es expérimenté, si tu joues mal tu es presque fini, plaisante Barzagli. Mais je continue à m'entraîner comme si j'avais 20 ans et je ne vois pas pourquoi je ne pourrais pas rester au haut niveau tant que j'y parviens."

Du coup il n'a "pas encore pensé" à sa fin de carrière en "Azzurro". On n'est pas pressé de partir quand on a commencé sa vie à 30 ans.

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