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01/07/2016 12:07 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Euro-2016 - Allemagne-Italie: Quand les mots ne servent à rien

Jamais l'Allemagne n'a battu l'Italie dans un tournoi majeur, mais quand ces mastodontes aux quatre titres mondiaux chacun se croisent, les statistiques et "les mots ne servent à rien", ont prévenu les intéressés avant le choc des quarts de l'Euro-2016 samedi à Bordeaux (21h00).

"Pourquoi devrais-je être traumatisé par l'Italie ?", s'est emporté Toni Kroos, quand un journaliste a évoqué l'invincibilité italienne qui dure depuis huit matches.

"Moi, je les ai battus en demi-finale de l'Euro Espoirs 2009, donc mon bilan contre eux est équilibré", a répondu plus diplomatiquement Mats Hummels. Un discours que pourraient reprendre Manuel Neuer, Jerome Boateng, Mesut Özil et Benedikt Höwedes, eux aussi présents ce jour-là.

"D'un point de vue historique, nous sommes conscients de cela: on a eu du mal contre l'Italie", a reconnu Özil en conférence de presse vendredi soir. "Mais nous pouvons aller au-delà de cette idée, de ces statistiques et nous pensons pouvoir gagner."

Côté Azzurri (1 Euro gagné contre 3 côté allemand), on voit également très bien le danger qu'il y aurait à se reposer sur ce bilan flatteur en confrontations directes. "On ne se prépare pas en disant: +On a gagné celui d'avant, on gagnera le suivant+, ça passe par tout le travail", a averti Florenzi.

"On a regardé des vidéos comme on l'a toujours fait, nous chercherons les défauts de cette équipe, qui en a peu. On y travaille, on cherchera. Les mots ne servent à rien, seulement les faits sur le terrain", insiste-t-il.

- Poker menteur italien -

Aux oubliettes, donc, la demi-finale d'il y a quatre ans, remportée à Varsovie par les Italiens (2-1) sur un doublé de Mario Balotelli.

"Les faits parlent pour eux, ils sont champions du monde, ils gagnent plein de matchs, ils ont confiance", ajoute Florenzi, combattif: "nous, la confiance on la conquiert petit à petit, match après match, entraînement après entraînement".

A l'évidence, le demi-finaliste qui s'extraira de ce choc au sommet effraiera toute l'Europe: "Le vainqueur pourrait représenter un favori à la victoire finale", a prévenu le sélectionneur allemand Joachim Löw vendredi.

Vainqueurs très convaincants du double tenant du titre espagnol au tour précédent, les Italiens n'auront sans doute rien à voir avec l'équipe en rodage balayée 4-1 en amical en mars dernier. Au fil des tours, ils ont pris conscience de leurs capacités et pris confiance en leur jeu.

"Nous démontrons que par le biais du travail, d'une organisation claire, de 23 joueurs merveilleux qui se sacrifient et s'entraident, nous surmontons des obstacles que nous n'aurions pas pu surmonter. Demain (samedi), il faudra faire quelque chose de super-extraordinaire", a prévenu le sélectionneur italien Antonio Conte.

Le principal problème du technicien est l'absence certaine de Thiago Motta, suspendu, et le poker menteur autour de Daniele De Rossi, incertain. "L'état de De Rossi n'est ni trop mauvais ni trop bon, on ne préfère pas donner d'indications", a louvoyé Conte vendredi.

- L'Allemagne, 'équipe la plus complète' -

En cas d'absence du régulateur au milieu de terrain, c'est Marco Parolo qui devrait descendre d'un cran en pointe basse du milieu de terrain et il serait par remplacé par Stefano Sturaro.

Ce serait certainement une perte qualitative importante, ce dernier n'étant même pas titulaire à la Juve, mais une absence que doit pouvoir absorber une équipe dont le sélectionneur prône la primauté des idées sur le talent.

Côté allemand, tout le monde est à la disposition de Löw, et les spéculations vont bon train sur un éventuel "coup" tactique qui verrait l'abandon du 4-5-1 pour un 3-3-3-1 aligné lors de l'amical remporté 4-1 en mars. Boateng serait alors entouré de Höwedes et Hummels dans l'axe pour contrer les deux pointes italiennes.

Une titularisation de Bastian Schweinsteiger n'est pas non plus à écarter totalement, même s'il faudrait pour cela sacrifier soit Khedira, le joueur qui connaît le mieux l'Italie puisqu'il joue à la Juve, soit Kroos ou Özil.

En 2012, Löw avait déjà tenté un "coup", en laissant Thomas Müller sur le banc pour densifier son axe avec Khedira, Schweinsteiger et Kroos, et essayer ainsi de gêner Andreas Pirlo. C'est aujourd'hui encore considéré comme sa pire décision en dix ans, même si le doublé de Balotelli devait beaucoup à des erreurs individuelles.

Et l'abandon d'un système qui a permis jusqu'ici à l'Allemagne d'être à la fois l'équipe qui tire le plus au but et celle qui en essuie le moins paraîtrait hasardeux, d'autant que Conte l'a souligné: "C'est l'équipe la plus complète au monde."

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