NOUVELLES
01/07/2016 09:08 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Espagne: Podemos analyse ses résultats décevants aux élections

Le parti anti-austérité Podemos et ses alliés se sont réunis vendredi pour analyser les raisons de leur résultat décevant aux législatives en Espagne quand les sondages leur prédisaient un succès, selon le compte Twitter du parti.

"Nous n'avons pas été capables de mobiliser un million d'électeurs qui avaient voté pour nous le 20 décembre", a reconnu avant la réunion la sociologue Carolina Bescansa, membre de la direction de Podemos, à la télévision.

"Il semble se confirmer que ces électeurs n'ont pas voté pour d'autres partis mais sont restés à la maison", a ajouté Mme Bescansa. "Il nous faut analyser pourquoi cette démobilisation se produit".

La coalition Unidos Podemos - formée de Podemos, ses alliés régionaux, et Izquierda Unida (IU), héritier du parti communiste - a obtenu 21,1 % des voix dimanche, derrière les conservateurs et les socialistes.

Les instituts de sondages avaient annoncé, à tort, qu'elle dépasserait le Parti socialiste et deviendrait la deuxième force du pays.

En sièges, elle compte 71 députés, soit autant qu'en décembre. En nombre de suffrages, elle a cependant perdu plus d'un million de voix.

Aucune déclaration n'était prévue après cette réunion à huis clos au siège de Podemos à Madrid.

Ce résultat décevant a suscité les premières critiques au sein de la coalition, dont le chef Pablo Iglesias a appelé au calme.

Un des fondateurs de Podemos, Juan Carlos Monedero, avait notamment reproché aux dirigeants du parti d'avoir été "ingénus et infantiles" en se fiant aux sondages.

La vice-présidente de la région de Valence, Mónica Oltra, dont la formation Compromis est alliée avec Podemos, avait contesté le bien fondé de l'alliance avec IU. Selon elle, un partie de l'électorat, davantage au centre, n'avait "pas vu d'un bon oeil une alliance avec les communistes".

Mme Bescansa a dénoncé "une campagne de la peur contre Podemos, construite sur des mensonges", menée par les conservateurs au pouvoir. Elle en veut pour preuve que la justice a classé sans suite une plainte pour financement illégal de Podemos par le Venezuela "quatre jours après les élections".

Elle a cependant dit douter que cette campagne de la peur ait pu être la raison pour laquelle "15% ou 16% de l'électorat de Podemos s'est abstenu".

lbx/pmr/jl