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01/07/2016 07:33 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

EasyJet veut s'assurer l'accès au ciel européen malgré le Brexit

EasyJet a annoncé vendredi avoir demandé un certificat de transporteur aérien dans un autre pays de l'Union européenne, une mesure destinée à lui conserver l'accès libre au ciel européen malgré le Brexit.

"Dans le cadre des plans d'urgence d'EasyJet avant le référendum, nous avons eu des discussions informelles avec un certain nombre de régulateurs européens de l'aviation sur l'établissement d'un certificat de transporteur aérien (CTA) dans un pays européen pour permettre à EasyJet de voler à travers l'Europe comme nous le faisons aujourd'hui", a indiqué la compagnie aérienne britannique dans un communiqué.

"EasyJet a désormais lancé le processus formel pour acquérir un CTA", poursuit la compagnie à bas coûts, sans toutefois préciser dans quel pays.

Ce CTA est une autorisation décernée par une autorité en charge de réglementer l'aviation civile dans un pays donné, par exemple la Direction générale de l'aviation civile (DGAC) en France. Aujourd'hui, EasyJet dispose d'un CTA au Royaume-Uni et d'un autre en Suisse.

En demandant un certificat dans un pays de l'UE, EasyJet veut s'assurer de pouvoir continuer à bénéficier d'un accès sans limite au ciel européen.

Avec le marché unique du transport aérien européen, chaque compagnie opérant dans un pays de l'UE peut en effet fonctionner librement dans toute l'Union sans restriction.

C'est en vertu de ce principe qu'Easyjet peut par exemple aujourd'hui exploiter des lignes entre Paris et Toulouse, ou entre Amsterdam et Milan. Les compagnies européennes peuvent aussi bénéficier des accord négociés entre l'Europe et des pays tiers, comme l'accord "ciel ouvert" avec les Etats-Unis.

- Déménager le siège? -

EasyJet assure cependant ne pas avoir actuellement de projet pour déménager son siège, situé à l'aéroport londonien de Luton.

"Jusqu'à ce que le résultat des négociations Royaume-Uni/UE soit plus clair, EasyJet n'a pas besoin de mettre en oeuvre d'autres changements structurels ou opérationnels", explique la compagnie.

L'avenir des relations avec l'UE reste flou pour l'instant. Le Premier ministre David Cameron a annoncé sa démission et il reviendra à son futur successeur, nommé à la rentrée, d'activer le fameux article 50 pour entamer un processus de sortie de l'UE. C'est le nouveau gouvernement qui devra ensuite négocier des accords avec les 27 si le Royaume-Uni veut continuer à profiter du marché unique.

Mais les médias britanniques estiment d'ores et déjà que l'annonce d'EasyJet n'est qu'une première étape vers un probable déménagement du siège juridique de l'entreprise vers un autre pays.

"La directrice générale d'EasyJet Carolyn McCall a indiqué lors de réunions privées cette semaine qu'un déménagement du siège juridique hors du Royaume-Uni était quasi-inévitable à la suite du résultat du référendum", affirme la chaîne de télévision Sky News.

Cela n'impliquerait pas nécessairement la délocalisation d'un nombre significatif d'emplois. L'activité au Royaume-Uni deviendrait simplement sur le papier une filiale d'une entité légale créée dans l'Union européenne, selon un scénario évoqué par Sky.

Cet épisode illustre l'inquiétude qui a saisi les grandes entreprises britanniques, qui dans leur immense majorité étaient favorables à un maintien dans l'UE, à l'annonce du résultat du référendum la semaine dernière. Le géant des télécoms Vodafone a par exemple déjà laissé planer le doute sur la présence de son siège à Londres.

A court terme, l'incertitude économique générée par le Brexit est aussi mauvaise pour les affaires des transporteurs aériens. EasyJet comme International Airlines Group (IAG), la maison mère de British Airways et Iberia, ont ainsi déjà revu leurs prévisions financières à la baisse.

jmi/oaa/ger

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