NOUVELLES
01/07/2016 13:07 EDT | Actualisé 02/07/2017 01:12 EDT

Au moins 64 civils tués par des frappes de drones américaines depuis 2009

WASHINGTON — Le gouvernement américain a révélé vendredi que de 64 à 116 civils avaient été tués par des drones ou d'autres frappes aériennes menées par les États-Unis au Pakistan, au Yémen et en Afrique depuis que le président Barack Obama est arrivé au pouvoir, en 2009.

S'il s'agissait de la première fois que la Maison-Blanche divulguait un tel estimé, le décompte des civils tués est bien en deçà de celui mis de l'avant par différents groupes de défense des droits de la personne. Certains groupes estiment que jusqu'à 1100 personnes auraient été tuées par ces frappes.

Barack Obama a également signé un décret présidentiel qui dresse les grandes lignes de la politique des États-Unis visant à limiter le nombre de civils atteints dans de telles frappes. Le président sortant souhaiterait ainsi encourager son successeur à faire de la protection des civils un élément central de la planification des opérations militaires.

Selon le décret, le gouvernement américain devra publier, chaque année, une estimation du nombre de victimes civiles des conflits dans lesquels les États-Unis sont impliqués. La directive suggère que des groupes non gouvernementaux soient appelés à dresser des rapports crédibles en la matière.

Le prochain président des États-Unis sera toutefois libre de changer la politique avec un nouveau décret signé de sa main.

Bien que des détails épars émergent parfois concernant le nombre de civils atteints par les frappes aériennes des États-Unis, le portrait global des conséquences du programme de drones américains est difficile à établir.

Le bilan rendu public vendredi ne tient pas compte des offensives américaines en Afghanistan, en Irak et en Syrie.

Les groupes de défense des droits de la personne déplorent depuis longtemps que le nombre de civils tués soit sous-évalué par les États-Unis. Il est peu probable que les données mises de l'avant par le gouvernement de Barack Obama fassent taire ces critiques.

Le Bureau de journalisme d'enquête établi à Londres estime par exemple que de 492 à 1100 civils ont été tués par des drones américains depuis 2002 au Pakistan, au Yémen et en Somalie.

À Washington, le directeur général du Centre pour les civils en conflit, Federico Borello, a salué l'initiative de Barack Obama.  Son organisation réclamera probablement du Congrès qu'il transpose le décret en une loi qu'un futur président ne pourra pas révoquer.

«C'est une chose sur laquelle on travaille depuis 10 ans», s'est-il réjoui.

Une organisation internationale de défense de droits de la personne établie à New York, Reprieve, considère quant à elle que les déclarations antérieures du gouvernement sur son programme de drones se sont révélées fausses. Selon le groupe, les chiffres du gouvernement lui-même le prouvent. 

«Il est plus important encore de se demander ce que ces chiffres vides peuvent bien représenter si des détails aussi simples que le nom des victimes, la zone ou même le pays qu'elles habitaient sont omis», a fait valoir Reprieve dans une déclaration qui a précédé l'annonce de la Maison-Blanche.